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La multiplication des séries télévisées locales entraîne petit à petit le déclin des feuilletons dans nos chaînes de télévision. Depuis un moment, le constat est que la production locale commence à gagner du terrain. Pendant ce temps-là, les amoureux de ces films qui nous viennent d’ailleurs essaient de se rattraper à travers les chaînes étrangères comme Novelas Tv et Nina.

Il fut un temps c’était les séries novelas qui inondaient nos chaînes de télévision nationale. On se souvient de l’époque où ces séries tenaient en haleine les populations sénégalaises en quelque sorte. On pouvait ainsi regarder les séries Rosa, Marimar, Les deux visages d’Anna, Rubi, Sublime mensonge, Tour de Babel et Marina, entres autres. La plupart de ces feuilletons nous venaient du Mexique, de la Colombie, du Brésil et de l’Argentine. Mais au fur et à mesure que le temps passe, on assiste à une autre montée fulgurante de ce type de séries, mais via un autre pays : L’Inde. Avec l’arrivée de Vaidehi, Kitani, Shree, Swarg. La liste est loin d’être exhaustive. L’on se rappelle qu’à l’heure où passaient ces feuilletons, on s’empressait de se placer devant le téléviseur pour ne rien rater. A 19h 30, on mettait fin à toutes nos occupations. Il y en a même ceux qui rataient la prière du «Timis» (crépuscule) pour ne pas manquer le jour où Sergio et Marimar allaient se réconcilier, le moment où Ruby sera enfin démasquée de son hypocrisie… Et le lendemain, les commentaires d’aller bon train, chacun prenait position, avait sa star préférée et pouvait deviner la suite. Parce que c’étaient les mêmes histoires qui revenaient avec d’autres comédiens, parfois les mêmes qui interprétaient de nouveaux rôles. En somme, on nous faisait revivre les mêmes histoires. Pourtant, on l’acceptait. Et même si la plupart des Sénégalais étaient accros, certains n’y accordaient aucune importance et d’autres critiquaient à longueur de journée. «Cela ne reflète pas les réalités sénégalaises. Ces films n’apportent rien à nos enfants, ils les empêchent d’étudier. Les télévisions doivent mettre des programmes typiquement sénégalais», avait-on l’habitude de dénoncer. Mais c’est comme si ces arguments ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Parce qu’on semble assister au déclin de ces feuilletons dans les chaînes sénégalaises, où la majorité n’est plus enthousiaste à leur consacrer du temps comme ce fut le cas avant. Qu’est-ce qui est à l’origine ? Si on regarde bien, on se rend compte qu’au Sénégal, la production des séries télévisées est en train de se développer. Ce sont des séries réalisées et jouées par des Sénégalais eux-mêmes qui font le débat actuellement. Une prouesse à saluer ! Les gens sont plus occupés aujourd’hui à raconter l’aventure de Pod et Marichou, de Soumboulou et Jojo dans Wiri wiri ou celle de Margo et Grand Laye dans Idoles.
D’autres séries inondent également le marché. C’est le cas de Mbetel, Trop c’est trop, Dikone, pour ne citer que celles-là. A l’exception de cette floraison de séries, il y a cet autre aspect qu’est la naissance de deux chaînes de télévision qui diffusent 24h/24 des feuilletons, notamment Novelas Tv et Nina. Cela fait que ceux qui les suivaient sur nos chaînes ont maintenant la cerise sur le gâteau. Pis, ce sont toutes les séries qui ont été diffusées par nos chaînes que l’on suit sur ces chaînes à longueur de journée. Et comme le dit l’adage, «le bonheur des uns fait le malheur des autres», car ces directeurs de chaîne de télé locales, qui y trouvaient leur compte avant, ne le peuvent plus de nos jours. Aujourd’hui, ils peuvent compter sur les séries sénégalaises pour se rattraper. Avant, c’étaient les pièces de théâtre que l’on proposait aux téléspectateurs sur la Rts chaque mardi soir. Puis, on nota l’arrivée des télénovelas, qui dictaient leur loi. Aujourd’hui, le sourire peut enfin être affiché : la production locale fait son bonhomme de chemin.
mfkebe@lequotidien

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