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Souleymane Téliko.

Ça ne changera rien du verdict, mais cette sortie du président de l’Union des magistrats sénégalais est un baume au cœur pour Khalifa Sall et ses partisans. Souleymane Téliko affirme que la présomption d’innocence de l’ancien maire de Dakar et les droits de sa défense ont été violés par la justice sénégalaise. Comme l’avait déclaré la Cour de justice de la Cedeao.

Aucune incidence judiciaire peut-être, mais un bon point dans l’opinion pour Khalifa Sall. Et c’est le président de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) qui appuie les arguments de la Cour de justice de la Cedeao dans l’affaire opposant l’ancien maire de Dakar à l’Etat du Sénégal qui le poursuivait dans le cadre de la gestion de la Caisse d’avance de la ville de Dakar. «Je ne rentre pas dans les jugements de valeur. Je m’en tiens aux faits et les faits, c’est que la Cour de justice de la Cedeao a effectivement considéré que dans l’affaire Khalifa Sall il y avait eu une violation d’un des principes qui garantissent un procès juste et équitable : la présomption d’innocence et, je crois, les droits de la défense. Ça, il faut le regretter. Moi je le regrette franchement parce que j’estime que nous avons toutes les ressources humaines de qualité qui ont été bien formées et qui peuvent nous épargner ce genre de déconvenues, parce que c’est clairement une déconvenue pour la justice sénégalaise», a déclaré Souley­mane Téliko, hier, à l’émission «Jury du dimanche» d’IRadio.
Comme la juridiction communautaire, le président de la Cour d’appel de Thiès est convaincu qu’il y a eu des manquements dans le procès de l’ancien maire de Dakar. «Je considère que la Cour de justice de la Cedeao avait raison sur l’affaire Khalifa Sall. Il y avait effectivement une violation de la présomption d’innocence et des droits de la défense», a-t-il insisté.

«Il y a eu moins de problèmes avec le dossier Karim Wade»
M. Téliko souligne en revanche qu’il y a eu «moins de problèmes» avec le dossier Karim Wade. Ce constat fort et surtout venant d’un homme aussi avisé montre que la question de la révision des procès pourrait être posée. Mais l’auteur de Méditations sur l’acte de juger, l’ultime audience, son dernier ouvrage, est formel : «On ne peut pas réviser ces procès parce qu’il faut des faits nouveaux ; et ce n’est pas le cas.» Il souhaite plutôt qu’il y ait «beaucoup plus de débats sur toutes ces questions-là pour qu’on en tire les enseignements nécessaires». Khalifa Ababacar Sall été condamné le 30 août 2018 à 5 ans de prison ferme pour escroquerie aux deniers publics, faux et usage de faux dans des documents administratifs, complicité en faux en écriture de commerce. Une décision qui a pesé sur les arguments du Conseil constitutionnel qui a déclaré irrecevable sa candidature à la Présidentielle de 2019. Tout comme celle de Karim Wade.

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