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Touché par la disparition de Pape Diouf, Benoît Cheyrou, que Pape Diouf et l’Om avaient fait venir en 2007, lui rend hommage.

Quel a été le premier sentiment à l’annonce de la disparition de Pape Diouf ?
Ça m’a fait très bizarre. Ça a été vite… Ça peut arriver à tout le monde. Quand ça touche quelqu’un qu’on a connu, ça touche forcément plus. C’est beaucoup de tristesse pour lui et sa famille. Ensuite, ce sont des souvenirs, des discussions qu’on a eues. De ce qu’on se rappelle de l’homme. Et la meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de se rappeler les belles choses qu’il a faites. J’ai envie de l’appeler Monsieur le Président. C’était mon président. C’est celui qui m’a appelé pour me faire venir à l’Om.
Comment cela s’était passé ?
Ils m‘avaient tous appelé à l’époque : c’était lui le président, avec José Anigo le directeur sportif et Albert Emon l’entraîneur. Et quand Pape Diouf vous appelle, il en impose. Déjà de par la façon dont il maîtrisait le français, sa façon de parler. Quand il était physiquement présent dans une pièce, il en imposait aussi par son gabarit, sa prestance, sa classe, son calme. C’était vraiment un très bon président. Il a très bien géré l’Om quand il était au pouvoir. Financièrement, le club se portait bien. Il a été malin dans le recrutement. Il était évidemment très fort dans la communication.
Justement, qu’est-ce qui vous plaisait le plus dans sa com’ ?
Sa façon de communiquer. Il a été formé comme journaliste donc il maniait très bien le verbe. Je me souviens des nombreuses réunions qu’il pouvait faire dans le vestiaire quand l’équipe tournait moins bien pour nous mettre la pression et nous mettre devant nos responsabilités, nous, les joueurs. Il y en avait eu plusieurs dans le vestiaire ou avant les matchs.
Y’ a-t-il eu une réunion plus marquante qu’une autre ?
Je m’en souviens peut-être d’une avant un match à Caen en 2007. Le début de saison avait été catastrophique. C’est pour ça que Eric Gerets était arrivé pour remplacer Albert Emon. Il me semble qu’on était 19e au mois d’octobre. Il nous avait mis devant nos responsabilités. Il nous avait piqués en tant qu’hommes. Il avait piqué nos ego pour qu’il y ait une réaction. Des fois, il employait des mots que très peu de personnes pouvaient comprendre… (rire) On sortait le dictionnaire après ses causeries. Parce que la façon dont il parlait était parfois trop soutenue pour nous. C’est l’un des présidents les plus marquants de ma carrière. Si j’ai franchi un palier en signant à l’Om, c’est grâce à lui. De par sa connaissance du milieu du football et de tout l’environnement. C‘est vrai que c’était un des présidents les plus compétents.

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