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Ancien sélectionneur des Lions du basket, Mamadou Sow ou «Pa Sow» rêve de voir un jour le nom de Abdoulaye Sèye Moreau donné à une infrastructure sportive comme celle de Dakar Arena. Une telle reconnaissance, avoue-t-il, lui ferait «énormément plaisir avant de rejoindre l’autre monde. Me réveiller un jour et que je puisse lire : Stadium Abdoulaye Sèye Moreau, ce serait extraordinaire !».
Alité depuis quelques années, l’un des meilleurs techniciens sénégalais estime que ce serait la meilleure manière de rendre hommage à ce grand dirigeant du basket sénégalais et africain.

«Honorer les anciens de leur vivant»
«Pa Sow» est d’avis que «pour ce qu’il a fait pour le basket, Moreau mérite que Dakar Arena porte son nom. Et en son vivant, ce serait extraordinaire pour lui, mais surtout pour nous qui ont eu à travailler avec lui qui avait beaucoup de considération, d’égard pour les entraineurs que nous étions. Il faut qu’on ait l’habitude d’honorer les anciens de leur vivant».
Suffisant pour plonger l’ancien Dtn dans des souvenirs inoubliables partagés avec cette grande figure du basket africain. «Je ne l’ai pas vu jouer, mais au moins je l’ai vu arbitrer quand il était international, accompagnateur de notre équipe en 74 à Bangui. Après, il est devenu président de la Fédération sénégalaise de basket pendant près de 20 ans (1975-1993)», se souvient-il.

«Un homme spécial»
S’il reconnait que le Sénégal a eu beaucoup de dirigeants, à l’image de l’ancien ministre des Finances et ancien président de la Fédération de basket, Serigne Lamine Diop, avec qui ils ont gagné leur premier titre en 68 à Casablanca, «Pa Sow» est d’avis que Abdoulaye Sèye Moreau reste un homme spécial.
«Ce n’est pas donné à n’importe qui d’être président de Fédération pendant 20 ans. Il faut être un intellectuel comme il l’était, un étudiant en droit, avant de devenir Directeur général de banque. Le doyen Moreau a attendu son heure en succédant à un frère à lui, Moctar Guène, à partir des années 75-76», se souvient l’ancien coach et dirigeant de la Jeanne d’Arc.
Et les anecdotes ne manquent pas lorsqu’il s’agit de parler de ce dirigeant émérite qui a occupé le poste prestigieux de président de Fiba-Monde. «Il s’occupait de tout ce dont on avait besoin. Quand on arrivait à la banque, on était reçus, Busnel Diagne (adjoint) et moi (Dtn), avant même les clients. Juste parce qu’on devait parler des conditions de préparation de l’Equipe nationale. Il avait énormément d’égard pour nous et ne lésinait sur aucun moyen pour nous faciliter notre travail», rappelle «Pa Sow». Qui poursuit : «Malgré ses hautes charges, il coordonnait tout à distance. Ce qui fait qu’il n’avait pas besoin de voyager avec l’équipe. Il était tout le temps à son bureau. Rarement, il a accompagné l’équipe.»
Depuis un an, doyen Sow avoue ne pas lui avoir rendu visite à cause de quelques soucis de santé. Mais il précise être souvent en contact avec celui qui compte pour lui plus qu’un dirigeant. «La maison que j’ai construite ici aux Hlm Grand-Médine, il est venu personnellement regarder comment les travaux se déroulaient. C’est vous dire les relations très fortes qu’il entretenait avec nous. Abdou­laye est un vrai Gentleman», raconte-t-il.
Au-delà de Abdoulaye Sèye Moreau, «Pa Sow» estime qu’il faudra également rendre hommage à d’autres figures du basket sénégalais dont Feu Frère Emmanuel Quintal de la Jeanne d’Arc et du Collège St-Michel. «J’espère qu’un jour, on lui trouvera quelque chose en son nom. Même si ce n’est pas à Dakar, cela peut être dans les régions. Mais au moins quelque chose qui portera son nom», prie celui qui méritait les mêmes éloges de par son parcours.

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