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Un panel a réuni des producteurs, institutions et jeunes auteurs aux rencontres Tënk, initiées dans le cadre de la 3ème édition du Festival du film documentaire de Saint-Louis. Présent à ces rencontres, le critique de cinéma et formateur, Baba Diop s’est prononcé sur le déroulement de ces tënk. «Ce que je constate depuis le début de ces tënk (qui en sont à leur 14ème édition) c’est que je suis heureux de voir que le regard  porté sur l’Afrique est porté par les jeunes eux mêmes. C’est important puisque nous avons été toujours regardés de l’extérieur», a dit Baba Diop, qui se félicite que ces jeunes auteurs puissent penser par eux-mêmes et produire un discours sur leur propre réalité, leur propre vision du monde. Parmi la pléthore de projets présentés, Baba Diop donne l’exemple du jeune Burkinabé Wabinlé Nabié qui veut travailler sur les scarifications. Portant lui-même des scarifications, ce jeune s’interroge «Pourquoi ces scarifications ? A quoi servent-elles ? Depuis quand existent-elles ? On m’a toujours dit que c’est une identité. Si oui je dois le savoir. Ce qui est sûr c’est qu’on m’a fait mal. Même si j’ai dépassé cela, ce n’est pas le cas pour certains», a soutenu M. Nabié. Le formateur au Master 2 réalisation documentaire à l’Ugb trouve que c’est important de voir quelqu’un s’intéresser à ces scarifications car on sait que ces scarifications ne sont pas seulement quelque chose d’identitaire mais qu’on peut les lire.
A côté de Wabinlé Nabié, d’autres ont porté leur optique sur le sens de l’humain. Notamment cet inventeur-maitre coranique qui fait des invocations et brise en même temps les tabous et préjugés à l’égard de l’Afrique. «Ils croient que nous n’avons rien inventé. On croit que seuls ceux qui ont fait des écoles françaises doivent être valorisés. Ça aussi c’est à valoriser», dit Baba Diop qui regrette par ailleurs l’absence des télévisions nationales à ces rencontres. Du moins ceux du Sud.  «C’est dommage, qu’à l’heure où se dessine une nouvelle configuration de notre cinéma, que nos télévisions soient en reste. Le documentaire c’est le réel, c’est la sauvegarde de nos mémoires. L’absence de nos diffuseurs et televisions nationales est à regretter. Eux, devraient être les premiers à être présents ici et à s’impliquer pour donner davantage de courage aux diffuseurs du Nord. A écouter et à choisir parmi les projets ceux qu’ils peuvent appuyer. Mais ce sont les diffuseurs du Nord, qui viennent avec leurs exigences et leurs compréhensions qui ne sont pas les mêmes que les nôtres», déplore-t-il. Ajoutant qu’ils ne viennent plus, peut-être parce qu’il n’y a plus de budget de film au niveau de leur production.
aly@lequotidien.sn

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