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Accusé de procéder à des licenciements abusifs, le Pdg de Satrec balaie ces «allégations orchestrées» par un groupe de six «personnes» menées par un «chef de file absentéiste». Il reconnaît néanmoins l’existence de départs négociés à cause des difficultés auxquelles fait face son entreprise.

Il est à la fois souriant, mais reste fortement marqué par les évènements en cours dans son entreprise. Le patron de la Société africaine de transformation, reconditionnement et de commerce (Satrec), Chaouki Haïdouss, est au cœur de l’actualité en cette période de Covid-19, qui secoue le monde entrepreneurial. Accusé par certains employés de précéder à des licenciements abusifs alors que les emplois sont protégés par une ordonnance présidentielle, Chaouki Haïdouss balaie d’un revers de la main ces «allégations» : «Il n’y a jamais eu de licenciements à la Satrec. Je n’entrave pas les décisions du Président surtout en cette période parce qu’il y a quelques mois on avait un taux de croissance de 6,5%, à la fin de cette année on aura un pays en récession.» Ce combat est mené «par 6 agents» sur les «les 40 personnes» concernées par la mesure. «Parmi ces 6, il y en a un qui essaie de discréditer toute la procédure», dit M. Haïdouss, qui a multiplié les «conciliabules» et les «propositions» pour trouver une solution de sortie de crise. «Quand le Président a pris son ordonnance sur l’interdiction de licenciements, je leur ai proposé de les placer en chômage technique en leur payant 70 % de leur salaire. Ils ont refusé de participer à la réunion alors qu’ils me vilipendent dans la presse tous les jours. Ils veulent me mettre en mal avec l’opinion et le chef de l’Etat.» Pourtant, dit le patron de Satrec, le leader de la fronde est un «absentéiste» invétéré comme le «prouve un constat d’huissier» établi sur la base du pointage. «C’est une faute lourde et je ne lui en ai pas tenu rigueur malgré les circonstances. Je ne pense pas qu’il le fasse pour détruire Satrec, ou écorner mon image ou mes relations avec le Président. Mais, je lui ai proposé un départ négocié, il a jeté le papier. On lui a dit que s’il quitte les locaux, ce n’est pas la peine qu’il revienne parce que le département dans lequel il travaille est fermé depuis un an.» Il insiste : «Je n’ai jamais voulu me séparer de quelqu’un sans lui avoir payé ses droits. Deux chauffeurs sont partis hier (mardi) et je leur ai cédé les camions qu’ils conduisaient après qu’ils ont reçu l’intégralité de leurs droits…» Quelle est la situation ? «Présentement 80 % des personnes concernées ont signé. Beaucoup d’employés sont venus démissionner pour soutenir la boîte, pour nous permettre d’alléger ses charges parce que nous avons des difficultés. Je leur ai dit : «Vous allez démissionner ; mais je vous paierai tous vos droits.» «Ces gens voulaient donner l’exemple. Nous avons fait une liste d’une quarantaine de personnes. Ça a été finalisé avec l’Inspection du travail, et on a abouti à un montant d’indemnité. Et je leur ai demandé de l’augmenter à hauteur de 10%. J’ai dit à ces gens qu’ils sont prioritaires sur les recrutements quand l’usine reprendra ses activités s’ils sont sans emploi. Ils ont tous perçus leur indemnité», répond-il, résolument tourné vers la relance de ce jadis fleuron de l’industrie agro-alimentaire, qui traverse des difficultés.

Départs négociés
Aujourd’hui, le Pdg de Satrec concentre son énergie sur la relance de sa boîte, qui travaille avec 1040 employés malgré la «crise» dans laquelle elle est plongée. «Satrec n’a pas cette capacité financière et on se bat pour sortir de l’eau. Nous sommes en train de précéder à la restructuration sociale, des charges variables, financière. Nous voulons remettre Satrec à sa place avec l’aide d’un cabinet canadien. Pour moi, l’entreprise ne m’appartient et elle est aux employés. Là, l’usine fonctionne à hauteur de 20% de ses capacités. Mais, on attend l’appui d’un partenaire pour redémarrer. Pour l’instant, la bataille reste le redressement et la restructuration de la boîte», annonce M. Haïdouss.
A la fin de ce processus, il espère retrouver le fil de ces années fastueuses durant lesquelles ses employés étaient «choyés». «J’ai connu la gloire et je ne vais pas perdre ma dignité maintenant. Quand les choses marchaient bien, je donnais à chaque employé 70 mille F Cfa pour l’achat d’un mouton de tabaski. Ça faisait 80 millions. J’ai beaucoup d’affection pour mes employés. C’est ma famille. Un jour le procureur m’a envoyé 4 gendarmes, il y a 2 ans, parce qu’ils étaient venus pour deux jours d’enquête à la suite d’une plainte des syndicalistes. Et au bout de 30 mn, ils étaient partis parce qu’il n’y a rien à voir. Il n’y a que 6 personnes qui sont à la base de toute cette agitation et sont menées par un chef de file absentéiste», répète-t-il, pressé de conjuguer cet épisode de la vie de son entreprise au passé.

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