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Des accords de pêche pouvant aboutir à l’érection d’une digue entre la Mauritanie et le Sénégal, c’est la solution proposée par le Chérif Mamadou Lamine Aidara, petit-fils de Cheikhna Cheikh Sadbouh.

Dans son domicile sis à Yoff, le brassage culturel entre Sénégalais et Mauritaniens est une réalité. Une nuée de talibés khadres agglutinés devant Chérif Mamadou Lamine Aïdara priaient jeudi dernier pour la paix entre les deux Etats dont la mort d’un pêcheur à Guet-Ndar le 27 janvier dernier a ravivé la tension. Dans son sermon empreint de piété et de sagesse, le petit-fils de Cheikhna Cheikh Sadbouh a appelé les autorités sénégalaises et mauritaniennes à l’installation d’une digue pour éviter ces épisodes dramatiques. «Les Présidents Macky Sall et Abdel Aziz doivent parapher des accords de pêche dont l’absence constitue un goulot d’étranglement. Cela doit aboutir à l’érection d’une digue qui pourrait régler ce problème. Ce ne sont pas les Etats mais les peuples qui le veulent. Les peuples dirigent les chefs d’Etat. De ce point de vue, cela ne doit pas poser de problème», prêche le chef religieux, par ailleurs président du mouvement Jeunesse islamique internationale créé en 2007.
En outre, le marabout a insisté sur l’histoire qui unit les deux pays. En guise d’exemple, Cherif Mamadou Lamine Aïdara a mis en exergue le pèlerinage de Nimzatt qui accueille des milliers de Sénégalais chaque année. «Depuis le XIIème siècle avec le commerce transsaharien et les migrations, la Mauritanie et le Sénégal ont été un seul Peuple. Il ne faut pas oublier que la première capitale fut Saint-Louis. Deuxièmement, le fleuve n’a jamais été une frontière simplement, mais un trait d’union. C’est la colonisation qui est venue séparer les peuples, mais l’intégration de ces derniers a précédé l’existence des deux Etats», souligne-t-il.
Par ailleurs, le chérif a appelé les jeunes à s’armer de savoir dans ce monde en turpitudes. Sinon, prévient le marabout Khadre, ils risquent de devenir des proies faciles aux mouvements djihadistes. «Les Etats doivent faire des efforts pour permettre aux jeunes d’avoir un gagne-pain et de ne plus tomber dans l’émigration clandestine. La nature a horreur du vide. Aujourd’hui, les mouvements djihadistes s’attaquent à ces jeunes qui sombrent dans la pauvreté. Si on n’y prend garde, les jeunes risquent de tomber dans l’escarcelle des djihadistes», avertit-il. Des thèmes qui seront abordés lors des 72 heures du mouvement Jeunesse islamique internationale prévues les 17 et 18 février prochains.

bgdiop@lequotidien.sn

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