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Dakar est le symbole des tensions politiques entre l’Etat et les collectivités territoriales. Une situation qui se fait au détriment des populations. C’est l’un des thèmes abordés par l’inspecteur du Trésor Cheikh Ndiaye dans son ouvrage Finances et comptabilité publique des collectivités territoriales au Sénégal. Samedi dernier, la cérémonie de dédicace de ce livre, préfacé par le maire de Guédiawaye Aliou Sall, a été une occasion de faire le procès de la gouvernance et l’attitude dans les collectivités territoriales.
Modérateur de séance, le directeur de la Comptabilité publique et du trésor a relevé un pan important de l’ouvrage de Cheikh Ndiaye. «Nos collectivités territoriales sont très faibles. Elles sont de plus en plus des structures à vocation sociale et non de développement. La vocation native des collectivités territoriales, c’est le financement du développement local à la base avec des plans de développement locaux. Si 70 voire 90% du budget vont dans les secours aux imams, aux Asc, aux mosquées, en plus des dépenses à connotation politique certes importantes, il ne faut pas que cela nous dévie de la vocation de base des collectivités territoriales», a dénoncé Cheikh Tidiane Diop.

Jules Ndéné : «La plupart du temps, les maires ne se conforment pas à la loi»
Ancien ministre de la décentralisation, Aliou Sow n’a pas manqué de rappeler que les collectivités sont des démembrements de l’Etat. «Le maire est un agent de l’Etat. Il ne doit pas se mettre dans une opposition frontale à l’Etat. La politique ne doit pas primer sur le développement», soutiendra-t-il. Pour corriger cette situation, le directeur de la Comptabilité publique et du trésor plaide pour que ce lien Etat-collectivités territoriales soit «mieux encadré et mieux affiné dans le cadre de la gouvernance et de la contractualisation de la relation pour faire des collectivités territoriales de véritables acteurs de développement, des opérateurs de politiques publiques».
L’auteur du livre a indiqué que beaucoup de collectivités territoriales, «financièrement, ne sont pas viables». Une donne confirmée par Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien maire de Guin­gui­néo. «A partir de ce livre, nous devons avoir un nouveau type d’élus locaux. La plupart du temps, les maires ne se conforment pas à la loi. Le budget est voté parce qu’on est avec le maire. C’est comme à l’As­semblée nationale, on vote parce qu’on est dans la majorité», a dit l’ancien Premier ministre.
Pour rectifier le mode de gestion financière des collectivités territoriales, Cheikh Ndiaye appelle à «repenser fondamentalement la fiscalité locale». Il dira : «Déjà il y a la contribution économique locale qui est venue renforcer les possibilités des collectivités locales. Il faut aller plus loin pour réformer la fiscalité de manière à permettre aux conseillers départementaux d’avoir une fiscalité propre et d’être autonomes. Cela passe par la mise en place d’une fiscalité propre aux départementaux. On ne peut pas continuer à vivre une situation durant laquelle les départements ne vivent que des subventions de l’Etat. A l’instar des communes, cela va participer à l’amélioration des finances publiques des collectivités territoriales de façon générale et à la réaffirmation de la libre administration de ces entités, mais aussi de l’autonomie financière de celles-ci.»
bgdiop@lequotidien.sn

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