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C’est la stupeur et  l’incompréhension à Sédhiou. Le directeur de l’Etablissement public de Santé de niveau un (Eps1) a été retrouvé hier dans une mare de sang, qui se coagulait sur le carreau  dans sa chambre. Très mal en point, il était entre la vie et la mort. Vêtu d’une chemise à manches longues et trempée de sang, Doudou Diouf est étendu dans une chambre de sa résidence, qui se trouve à proximité de l’hôpital. La tête soutenue par un matelas, tout le reste du corps est étalé au sol. Peinant à gémir de douleur, il avait juste assez de force pour clignoter et ouvrir les yeux et fixer le vide. C’est dans cet état effroyable que l’un de ses collaborateurs, interloqué par sa longue absence, l’a trouvé. «Il nous a fait comprendre qu’il se retire pour se reposer et ne souhaitait pas être dérangé», confie un de ses proches collaborateurs. Désarmé par le sort de son supérieur, il semble être dépassé par la tournure des événements. «J‘ai tenté de l’appeler à plusieurs reprises mais en vain», soutient cet homme. Ameutée par la nouvelle, une foule de curieux et d’autorités admiratives de la région, avec à leur tête le gouverneur Habib Léon Ndiaye, a assailli son domicile.

Un suicide avorté
Il a fallu évacuer la cour de la maison pour permettre aux médecins de lui administrer des soins sur place avant son évacuation sur Dakar par vol spécial. En attendant, il est difficile d’expliquer les motifs de cet acte. La police, qui a ouvert une enquête, devra éclaicir ce suicide avorté. Selon les premiers éléments d’infos de la brigade de gendarmerie de Sédhiou, Doudou Diouf  aurait  tranché ses artères de la main pour se vider rapidement de son sang.
Ces derniers temps, il a été vu complètement affaibli et abattu. «A Ziguinchor, Doudou Diouf avait eu du mal à prononcer son discours devant le ministre de la Santé et de l’action sociale. Ce dernier l’avait même invité à se rasseoir pour reprendre ses forces», révèle une source présente à cette visite de Abdoulaye Sarr dans la capitale du Sud. En plus, il avait aussi montré les mêmes signes de faiblesse lundi dernier lors du point de presse d’évaluation du camp de consultations et de chirurgie  tenu du 19 au 23 octobre. Doudou Diouf, qui a remplacé Cheikh Mbaye Seck,  a fait à peine un an à la tête de cet Eps, qui connait tout le temps des contestations.
odemba@lequotidien.sn

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