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Ça risque d’exploser à Rufisque avec les travaux du Train express régional (Ter), qui s’accompagnent  d’un  lot de frustrations auprès des populations. Après les maisons à démolir et  le centre d’épuration de Castors, qui a sauté sous l’effet des bulldozers, c’est au tour de la mobilité urbaine de subir les impacts des travaux. La très passante route des Niayes, fermée entre le passage à niveau et la sortie du pont sur une distance de 200 mètres environ, fait l’objet de complaintes nombreuses de la part des populations, qui promettent de se faire entendre si aucune mesure alternative ne se présente. «Ce sont des travaux importants de l’Etat mais il n’en demeure pas moins que des alternatives pour la circulation des personnes et des biens doivent être mises en place», a estimé Abdoulaye  Faye, un habitant du quartier Santhiaba (Rufisque Nord). Ce quartier ainsi que tous les autres de la commune de Rufisque Nord sont coupés de la ville avec la fermeture de cette voie. «Aujourd’hui pour rallier la ville, je dois faire le tour jusqu’au carrefour Dioutiba (Rufisque Ouest) et ensuite longer la Nationale», a noté pour sa part Ibou Diagne, un transporteur, qui convoie  en ville des élèves des quartiers Dangou, Fass, Résidence. «Je fais désormais trois quarts d’heure là où 15 minutes me suffisaient pour faire le tour des écoles  où je dépose les élèves», a-t-il regretté, évoquant un préjudice énorme. «Si c’était dans une autre ville, une mesure alternative allait être mise en place. Rufisque ne bénéficie d’aucune considération de la part de nos gouvernants», a affirmé avec dépit Mbaye Diagne, dénonçant dans la lancée le mutisme des autorités locales face à cette impasse. «Que ce soit le maire de Rufisque Nord ou celui de la ville, aucun n’a daigné réagir face à cette situation», s’est étranglé M. Ndiaye, habitant le quartier Dangou Sud. L’impasse est bien  réelle pour Rufisque Nord. Les deux voies qui permettaient de traverser le rail pour accéder en ville ont tous été fermées. Les habitants des populeux quartiers Darou Rakhmane, Diorga et Gouye Adiana sont les plus affectées avec la hausse du prix du transport due à cette fermeture. «Les tarifs ont grandement augmenté et on paye même jusqu’à 300 francs la nuit pour rentrer», révèle en ce sens Mame Ndella Guèye là où 150 francs suffisaient pour le transport. «On fait aujourd’hui de grands détours pour rallier certains quartiers, c’est pourquoi les tarifs ont été revus à la hausse», a argumenté Pape Ndiaye, un coxeur trouvé au garage Diorga.  Mis à part la route des Niayes, point de passage privilégié, l’autre de moindre envergure qu’est betooba (un petit tunnel pour voitures particuliers et calèches au niveau du quartier Guendel) a subi le même sort. «Comment sur toute une commune il ne se présente aucune voie pour une voiture pour traverser le rail ? C’est inadmissible et nous demandons aux autorités de réagir», s’est désolé Ousmane Sène, un conducteur de taxi. Les usagers des cars de transport Tata subissent aussi les contre coups de ces travaux. «Les bus 53, 62, 77 et 63 ont tous changé d’itinéraire. Moi qui prenais le 63 juste devant ma maison suis obligé maintenant de faire plus de 500 mètres pour le prendre», a souligné  Astou Diagne, une vendeuse habitant  au quartier Nimzath. «Avec tous les bagages que je porte à l’aller comme au retour ma difficulté s’en trouve accrue», se désole la cinquantenaire qui s’active «aux alentours du stade Léopold Senghor». C’est cette situation que vivent aussi les femmes de retour au marché. Panier de provisions sur la tête, Adama Niang déambule lentement sous l’effet de la fatigue. «On va mourir avant que ne finissent ces travaux», lance la quinquagénaire se dirigeant vers le nouveau site des calèches. «Les calèches ne dépassent plus le pont de Dangou. Donc elles assurent la moitié du trajet et l’autre on le fait à la marche», a révélé Astou Diop, convaincue que la situation ne peut perdurer. «Il faut nécessairement qu’une solution soit trouvée parce que ça ne peut pas continuer», a-t-elle avisé. Pendant ce temps, les travaux vont bon train coupant Rufisque Nord de la ville sous l’œil stoïque des populations, qui espèrent une solution rapide face à cette impasse.
abndiaye@lequotidien.sn

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