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Alors que beaucoup espéraient voir le chef de l’Etat décider d’en finir avec le bradage des terres de l’aéroport Senghor, Macky Sall a décidé d’en officialiser le dépeçage. Il a confié à la Caisse des dépôts le soin d’en assurer l’aménagement et la vente.

Le débat sur le bradage des terres de l’aéroport Léopold Sédar Senghor va prendre une autre tournure avec la décision finale du chef de l’Etat. Macky Sall a tout simplement, décidé de mettre en vente les derniers vestiges de terre encore disponibles sur cette assiette foncière objet de toutes les convoitises ces dernières années. Le communiqué du Conseil des ministres d’hier est tout à fait clair et sans équivoque, quand il déclare : «Le Président de la République a, (…) informé le Conseil, de sa décision de confier l’assiette foncière disponible de 30 hectares à l’aéroport de Yoff à la Caisse des dépôts et des consignations (Cdc), afin de renforcer l’aménagement durable et la valorisation équitable de la zone concernée à travers des offres publiques d’aménagement et de vente.»
On se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, Le Quotidien faisait état, dans son n°5187 du mercredi 10 juin dernier, des instructions du chef de l’Etat au directeur des Domaines, M. Mame Boye Diao, de bloquer toutes les attributions des terres dans l’assiette de l’ancien aéroport international. La sortie du chef de l’Etat faisait suite à des révélations de diverses sources, qui indiquaient que la prédation avait quasiment atteint les limites du hangar de l’aéroport où était gardé l’avion de commandement du chef de l’Etat.
Quand la décision avait été prise de délocaliser l’aéroport de la ville de Dakar de Yoff à Diass, le président de la République avait décidé de confier la gestion de «Senghor» à l’Armée de l’Air, dans l’idée que personne ne s’aventurerait à toucher à un seul lopin de terre confié aux militaires. Malheureusement, il s’est avéré que cela n’a pas empêché une prédation à grande échelle, couverte par des complicités à tous les niveaux de l’Etat. Il a fallu que des activistes citoyens et des personnes de bonne volonté s’en émeuvent, pour que la question soit posée sur la place publique. La sortie du chef de l’Etat avait laissé espérer que les choses allaient rentrer dans l’ordre et les dernières parcelles de terres préservées.
Macky Sall vient de mettre fin aux dernières illusions. Il faut espérer que, comme dit le communiqué du Conseil des ministres, le dernier bradage réponde véritablement «aux principes de transparence et de rentabilité pour l’Etat». Même s’il faille se poser la question de savoir quelle rentabilité l’Etat pourrait-il chercher dans la vente de 30 ha de terres, fussent-ils parmi les plus chers de la ville de Dakar.
D’autres qui vont être encore plus déçus sont ces activistes qui avaient lancé une pétition pour transformer cette partie de Dakar en jardin, pour en faire un dernier poumon vert de la capitale, vu que la forêt de Mbao est également en train de disparaître comme peau de chagrin.
Pour finir, le chef de l’Etat déclare vouloir vendre 30 ha sur les 60 ha qui font l’objet de convoitises. Est-ce à dire que les pouvoirs publics estiment que les 30 autres ha sont déjà irrémédiablement perdus, ou alors, serait-ce une manière d’affirmer que la dernière assiette constituera la partie à réserver à l’aéroport ?

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