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Henriette Juliette Sambou peut retrouver le sourire. Reconnue coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, elle a été condamnée à 1 an dont 3 mois ferme par le juge du Tribunal de grande instance de Diourbel. Mais, la jeune fille a déjà purgé sa peine après avoir passé autant de temps en détention préventive. Elève en classe de terminale, elle a le temps de préparer les épreuves du baccalauréat prévues le 1er juillet prochain. D’autant qu’elle avait obtenu l’autorisation de participer aux épreuves physiques du baccalauréat et aux anticipés de philosophie.
Sa maman Mélanie Diatta poursuivie aussi pour vente illégale de boissons alcoolisées a retrouvé aussi la chaleur familiale, car le Tribunal l’a condamnée à 3 mois ferme. Alors que leurs coprévenus Jean-Marie Ngom et Philipe Gana Diop, qui étaient sous contrôle judiciaire pour non-assistance à personne en danger, ont été relaxés.
Les faits, qui ont valu à Henriette Juliette Sambou âgée de 21ans, élève en classe de terminale L2 aux cours privés Mandela, et ses coprévenus de comparaitre devant ce tribunal remontent au 17 mars dernier. Ce jour-là, elle avait donné un coup de couteau, qui a été fatal à Henry Ndiaye, qui avait l’habitude de fréquenter le bar que gérait sa maman. A la barre du Tgi, Mlle Sambou avait été incapable de retenir ses larmes ainsi qu’une bonne partie de l’assistance. Le juge lui avait suggéré d’être forte pour pouvoir expliquer ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Après avoir essuyé ses larmes à plusieurs reprises, Henriette Diatta a reconnu avoir porté le coup de couteau fatal au niveau de la cuisse gauche de Henry Ndiaye tout en expliquant qu’elle n’avait pas l’intention de le blesser encore moins de le tuer. La prévenue poursuit : «Tonton Henry avait l’habitude de me tapoter les fesses et ce jour-là je lui avais demandé d’arrêter quand il a commencé ses agissements. Il persistait sur ses faits et gestes pendant un bon bout de temps, tout en me disant qu’il n’arrêterait pas tant qu’il n’aura pas entretenu des rapports sexuels avec moi. J’étais agacée par les attouchements et autres avances indécentes de l’oncle Henry. C’est en ce moment que je l’ai frappé avec une cuillère au bras, ce qui a abimé sa montre. Persistant dans ses gestes, je l’ai frappé à la tête avec une tasse. Comme il ne voulait pas céder, je suis allée dans la cuisine prendre le couteau avec lequel je lui ai assené un seul coup au niveau de la cuisse gauche. J’avais pris le couteau juste pour le dissuader, malheureusement l’irréparable s’est produit.» Cette blessure visiblement bénigne a provoqué une hémorragie interne et externe, qui a occasionné la mort de Henry Ndiaye. «Je regrette mon acte. Je vous demande pardon et à la famille de tonton Henry Ndiaye», demande-t-elle.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République avait évoqué un incident, qui s’est produit dans un bar clandestin. «Il s’agit plutôt de coups et blessures volontaires ayant entraînant la mort sans intention de la donner», dit le Parquet, qui a ainsi demandé au Tribunal de condamner Henriette Juliette Sambou à 2 ans de prison ferme. Compte tenu de son statut d’élève, il a demandé au juge de lui accorder une circonstance atténuante en lui permettant de passer son examen de baccalauréat. Le Parquet a aussi requis une peine d’emprisonnement de 6 mois ferme pour Mélany Diatta et une peine d’avertissement à l’endroit de Jean-Marie Ngom et Philippe Gana Diop.
Tour à tour, les avocats de la défense ont plaidé la clémence du Tribunal. Me Assane Dioma Ndiaye a demandé la relaxe de Jean-Marie Ngom et Philippe Gana Diop, estimant qu’ils ont tenté de secourir leur ami. De son côté, Me Théophile Kayossi est d’avis que Henriette Juliette Diatta n’était qu’un instrument du destin. «Il était dit que Henry Ndiaye devait quitter ce monde ce jour-là et dans ces circonstances», explique-t-il. Me Serigne Diongue balaie le réquisitoire du Parquet : «Une peine doit avoir un sens lorsqu’elle est appliquée car ça sert à faire comprendre à une personne qu’elle a commis un trouble. Or, cette fille (Henriette) n’est pas dangereuse. Elle a trébuché donc elle mérite la clémence du Tribunal d’autant plus que les parents de Henry ont déjà pardonné.» Le juge a finalement satisfait tout le monde.
Correspondante

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