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Après le Festival de cinéma africain de Khouribga où le film Le train du sel et du sucre du réalisateur mozambicain Licinio Azevedo a remporté plusieurs distinctions et fait parler de lui dans de nombreux festivals (prix du Meilleur réalisateur au Cairo film festival, prix du Meilleur film au Jo’burg Film festival, Mention spéciale au Festival international Vues d’Afrique de Montréal, Désigné pour représenter le Mozambique à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère), il était très attendu dans le cadre de cette 28e session des Journées cinématographiques de Carthage. C’est donc sans grande surprise qu’il remporte le Grand prix de la compétition, le Tanit d’or de la catégorie des longs métrages de fiction. Puis, le prix de la meilleure image de la compétition. Et pas que ça. Ce film s’est aussi vu attribuer le prix Paulin Soumanou Vieyra de la critique africaine et le prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique (Fipresci) pour le Meilleur long métrage des prix parallèles. La Tunisienne, Sonia Chamkhi, présidente du jury de la Faac (Ndlr : composé de Abdelali Maazouz de l’Association marocaine de critique de cinéma (Amcc), John Patrice Mbapou Foumba du Cinépress-Came­roun, Hector Tovidokou de l’Association Bénin ciné média (Abcm) et Fatou Kiné Sène, secrétaire générale adjointe de la Facc, par ailleurs présidente de l’Asso­ciation sénégalaise de la critique cinématographique (Ascc), a af­firmé que ce film a été surtout distingué par sa maîtrise incontestable de l’écriture filmique, de la technique du réalisateur qui se réfère au genre (road-movie) sans jamais céder aux clichés.
Saluant «l’audace et l’engagement» du réalisateur à travers «un film populaire et porté par une haute facture cinématographique», Sonia Chakhi au nom de la Facc a également relevé qu’il s’agit là d’un film «plein d’amour et de solidarité». Un regard que partage le réalisateur lui-même. Puisqu’en recevant la distinction que les critiques lui ont attribuée, il a affirmé que «Le train du sel et du sucre n’est pas un film politique, mais plutôt une œuvre d’amour qui rend compte d’une réalité et d’une histoire».
Pour ce qui est du contenu de ce film très sucré sacré, le réalisateur raconte l’histoire du Mozambique en pleine guerre civile. Un seul train relie Nampula au Malawi. Des centaines de civils risquent leur vie à le prendre alors que la ligne est sabotée tout au long des 700 kilomètres de trajet. Parmi eux, Rosa, une jeune infirmière qui veut rejoindre l’hôpital où elle doit travailler et qui devient vite un objet de désir. Très vite, Taiar et Salomão, deux gradés qui ne se supportent pas, se lancent dans une guerre interpersonnelle qui se solde par la mort de l’un et l’autre. Rosa sympathise avec Mariamu qui ne croit que dans la vente de sel contre du sucre. Autour de ces deux femmes et entre les balles et les rires, la vie continue et les histoires se multiplient alors que le train progresse, menacé, très lentement, vers son prochain arrêt.
En somme, Azevedo offre dans cette adaptation de son propre roman éponyme un film qui entre dans l’histoire. Non pas seulement parce qu’il offre une belle réflexion politique teintée d’histoire d’amour et de faits sociaux, mais parce qu’il emporte véritablement le cinéphile dans un voyage sucré-salé.

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