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L’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) section Thiès risque d’être attraite en justice. La raison : la structure doit une somme de 2,7 millions de francs Cfa à des créanciers depuis la dernière édition du Festival de théâtre du rail (Fest’Rail), en juin 2018.

L’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) section Thiès est sous la menace d’une plainte. Elle doit une somme de 2,7 millions de francs Cfa à des créanciers depuis le dernier Festival de théâtre du rail (Fest’Rail), organisé à Thiès en juin 2018. «Nous sommes acculés par les créanciers qui menacent de porter l’affaire devant la justice. Il y a même parmi ces créanciers deux personnes qui sont décédées, mais leurs familles sont là et elles nous réclament leur argent», regrette le président de l’Arcots de Thiès, Jules Dramé, face à la presse, hier. Il se désole surtout de la «disparition programmée de ce festival». Car estime l’artiste-comédien : «Depuis la 8e édition, nous trainons avec cette dette que nous n’arrivons toujours pas à honorer depuis 17 mois.» En effet, explique-t-il : «Nous devrions recevoir une subvention de la part de la mairie ville de Thiès, dirigée par Talla Sylla, et depuis nous lui courons après et n’avons jusqu’à présent pas reçu cet argent. C’est ce qui a causé ce trou. Et malheureusement, chaque jour que Dieu fait les créanciers nous interpellent sur cette dette. Ils sont aujourd’hui à bout. C‘est pourquoi ils ont menacé de porter plainte contre l’Arcots.»
Diambé Sène, artiste-comédien, lui, ne mâche pas ses mots. Il assène : «Nous ne demandons pas de l’aumône aux autorités municipales de la ville de Thiès mais de nous remettre la subvention qu’elles nous doivent pour régler cette dette. Mais aussi d’honorer l’engagement qu’elles avaient pris pour subventionner le festival à hauteur de 2,5 millions de francs Cfa.» En tout cas cette année, les artistes de Thiès disent n’avoir vraiment pas le cœur à organiser cette fête de la culture thiessoise d’un budget de 6 millions de francs Cfa par an. Un évènement initié depuis 2010 par l’Arcots pour contribuer au développement du théâtre. «C’est dommage pour Thiès», se désole M. Dramé, qui tient à rappeler : «Cette subvention a été instaurée par l’équipe municipale sortante sous la direction du 1er adjoint au maire d’alors, M. Yankhoba Diattara. Quand Talla Sylla est arrivé, il a respecté le pacte jusqu’à l’année dernière. Nous l’avons interpellé là-dessus mais il refuse de nous rencontrer.» Et le premier vice-président national de l’Arcots de fustiger : «C’est très difficile d’organiser dans cette ville de Thiès qui regorge d’autorités. Et ce depuis le changement de régime et ça n’encourage guère.»
Pour l’heure, les membres de l’Arcots-Thiès menacent de corser la lutte, si aucune solution n’est trouvée pour leur problème. C’est parce que, explique l’artiste-comédien Pape Ndiaye : «Nous sommes aujourd’hui dos au mur. Nous sommes à bout.» «Nous allons manifester notre colère dans les rues», menace-t-il.
nfniang@lequotidien.sn

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