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Les leaders du mouvement Y’en a marre se sont déplacés de Dakar à Bonconto, soit sur plus de 600 km, lundi, pour participer à une marche organisée par de jeunes citoyens de cette petite commune du département de Vélingara. Thiat, Sheikhou, Latif et Gadiaga se sont résolus à faire face à la presse pour s’expliquer sur la marche interdite la veille par le sous-préfet pour des «raisons de sécurité et de préservation de la cohésion sociale». Chérif Kandé, un des initiateurs de la marche, a dit, amer : «On n’a jamais vu une localité où une marche a rencontré l’adhésion de tout le monde. Nous comprenons mal cette décision. On nous a même intimé l’ordre de ne pas tenir de réunion dans nos domiciles privés.» Thiat de Y’en a marre d’ajouter : «Depuis l’accession de Macky Sall au pouvoir, les demandes de marche ont été systématiquement refusées alors que constitutionnellement les marches ne sont soumises à aucune autorisation préalable. C’est le recul de la démocratie avec un régime policier qui trouve les moyens de réprimer les marches et non de les encadrer.» Le camarade de Fadel Barro, Kilifeu, appelle les citoyens de Bonconto à se tenir prêts pour régler leurs problèmes par eux-mêmes. «Il faut surtout que les populations s’inscrivent sur les listes électorales pour élire des hommes capables de les sortir de la misère, de leur accorder leurs droits, de les aider à se sentir Sénégalais à part entière. Nous allons demander la prorogation de la période de révision des listes. Nous avons l’impression qu’il y a un Sénégal qui s’arrête à Diam­niodio et un autre Sénégal des misères comme Bonconto. Il n’y a qu’à voir cette sous-préfecture avec une petite pièce lugubre», a dit Thiat.
akamara@lequotidien.sn

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