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De l’Alliance pour la République à la Répu­blique des valeurs : Thierno Alassane Sall a officialisé samedi son mouvement politique qui entend «bâtir un Sénégal nouveau à travers le respect des valeurs». Devant Idrissa Seck, Ous­mane Sonko et d’autres opposants, il y a eu aussi un Tas de critiques contre Macky Sall et son régime.

Le lancement de La Répu­blique des valeurs samedi a enregistré la présence de la «Répu­blique» de l’opposition. Aux côtés du leader de ce mouvement, Thierno Alassane Sall, il y avait Idrissa Seck, Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko, Me El Hadji Diouf, entre autres. A cette occasion, l’ancien responsable de l’Alliance pour la République (Apr) a indiqué que La Répu­blique des valeurs se veut «l’héritière de ce besoin profond et irréductible de progrès qui a toujours traversé la société sénégalaise». L’ancien ministre de l’Energie aspire donc à un «Sénégal nouveau, empreint de bonnes valeurs, gage de prospérité, de justice et de développement». Pour ce faire, le nouvel opposant compte articuler sa vision autour de 5 points : «Contrer les logiques d’extraversion qui limitent notre souveraineté, s’élever collectivement pour être les acteurs conscients de notre histoire, contrer la gouvernance du court terme et le pilotage à vue d’inspiration électoraliste comme on le relève avec le projet de budget 2018, définir des projets de société empreints d’une efficace lucidité pour sortir de l’ornière, renouer avec les valeurs morales et éthiques qui caractérisaient les grands hommes, grandes femmes qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire politique, religieuse et intellectuelle, exorciser le spectre d’une forme rédhibitoire de politique de la prédation qui vampirise l’Etat et entretient la corruption et les pratiques clientélistes, réinvestir notre propre utopie et les institutions politiques économiques et sociales qui pourront la porter et la réaliser : démocratie, Répu­bli­que, entreprise, éthique, citoyenneté, responsabilité, gouvernance entre autres.»
M. Sall a ensuite enfilé son costume d’opposant à Macky Sall. «La défaite morale de la coalition au pouvoir depuis 2012 est sans appel. Cette coalition qui regroupe l’essentiel des forces politiques ayant inspiré et/ou participé aux Assises nationales avait l’obligation impérieuse de fidélité aux luttes populaires ayant permis son arrivée au pouvoir», rappelle-t-il. L’«échec» de Benno bokk yaakaar, souligne-t-il, «n’est pas seulement d’avoir relégué aux oubliettes de l’histoire les propositions les plus pertinentes des Assises, mais surtout d’être rendue complice, par action et par omission, d’une des plus grandes forfaitures de notre histoire survenue à l’occasion des récentes élections législatives». L’an­cien coordonnateur des cadres de l’Apr n’a pas manqué de critiquer l’Assemblée nationale. «Nul ne serait aperçu de son inexistence, si elle venait d’être rayée de la liste des institutions de la République», dit-il. Et d’ajouter : «Le plus révélateur de l’affaissement des valeurs élémentaires qui fondent une République et en assurent la cohésion et la vigueur, c’est l’utilisation massive ouverte de l’argent aux fins de fausser le jeu démocratique. Notre économique manifeste tous les symptômes d’une société malade. Les entreprises formelles font faillite en cascade. Le chômage des jeunes atteint des proportions telles qu’il menace la cohésion sociale.»

Idrissa Seck :
«Les épreuves qui t’attendent ne seront ni simples ni faciles»
A sa suite, c’est le leader de Rewmi qui sort un conseil-avertissement. «Les épreuves qui t’attendent ne seront ni simples ni faciles. S’opposer à un régime qui se sert de son pouvoir de façon injuste est une mission difficile. Il faudra dilater ta poitrine de sorte qu’aucune des épreuves qu’ils cherchent à mettre sur ton chemin n’altère ta sérénité et ta détermination à aller de l’avant. Ça, on peut l’attendre de toi. Personne ne pourra te compromettre.» A son tour, Me El Hadji Diouf, qui qualifie Thierno Alassane Sall d’homme «très sincère et loyal», estime que le Sénégal traverse une «profonde crise des valeurs par l’entremise de Macky Sall et son régime». Alors que Abdoul Mbaye voit en lui «un homme de refus». Le leader de Pastef, quant à lui, invite tous ceux qui ont le même nom de famille que Macky Sall à «être les premiers à le combattre pour se laver à grande eau».
bseck@lequotidien.sn

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