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La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Thiès a condamné hier, Oumar Matel Kâ à 15 ans de travaux forcés pour avoir amputé la main droite de son épouse, Aïssatou Kâ.

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Thiès a confirmé hier, le jugement rendu en 2013 par le Tribunal de grande instance de Diourbel, contre Oumar Matel Kâ, condamné à 15 ans de travaux forcés. La cour a disqualifié les faits de menaces de mort et a retenu les charges de coups et blessures volontaires ayant entraîné une amputation. Selon les débats d’audience, le prévenu a amputé la main de son épouse, Aïssatou Kâ, suite à une dispute qui remonte au 7 août 2009. Selon la victime, son mari est venu trouver son beau-fils qui était en train de prendre le petit-déjeuner pour lui sommer d’arrêter de manger et de rejoindre le troupeau. Elle lui demande de le laisser finir son repas. Ce qui n’avait pas plu à son mari. «Il a ensuite commencé à frapper mon fils. J’étais intervenu lui disant qu’il n’avait le droit de le corriger parce que Sidy n’est pas son fils. Aussi je lui ai signalé que le troupeau ne lui appartenait pas. Il appartient plutôt à ma famille», dit-elle. Toutes raisons, explique Mme Kâ, de la colère de son mari qui s’est ensuite acharné sur elle. «Il m’a donné quatre coups de coupe-coupe. Trois sur la main droite et un sur le visage», raconte-t-elle.
Des coups qui lui ont été fatals puisqu’elle a perdu l’usage de sa main droite. Après son forfait, Oumar Matel Kâ a fondu dans la nature. Il a ensuite été arrêté trois ans après les faits en 2013. Fort de cela, l’Avocat général Cheikh Tidiane Ndour, dans son réquisitoire, a soutenu que les 15 ans de travaux forcés devaient être reconduits parce que, selon le maitre des poursuites, «Oumar Kâ s’en était pris à une dame faible et sans défense». Il est d’avis que le prévenu est bel bien conscient de ce qu’il avait «fait parce qu’il a disparu pendant trois ans». L’avocate de la défense a quant à elle plaidé pour la disqualification des faits et demandé d’infirmer le jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Diourbel. Car, pour elle, il n’y a pas eu de crime. «C’est juste un délit. Sa femme a même reconnu qu’ils vivaient en amoureux. C’est une histoire qui a éclaté et qui s’est très mal terminée. C’est regrettable. Et la cour doit le comprendre», a-t-elle plaidé. Le président de la cour a quant à lui, condamné à 15 de travaux forcés Oumar Matel Kâ. Outre cette peine, le prévenu doit verser une amende de 15 millions de F Cfa à Aissata Kâ en guise de dommages et intérêts.

nfniang@lequotidien.sn

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