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La descente musclée des éléments de la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos) dans la Cité des Ong, sise à Daral Peulh, dans la commune de Keur Mousseu, ulcère les populations de cette cité prêtes à tout pour conserver leurs maisons.

Entre la zone militaire n°7 et les populations de la Cité des Ong dans la commune de Keur Mousseu, c’est le calme avant la tempête. Ces habitants se sont levés le 31 mai dernier, envahis par des éléments de la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos), venus procéder à des écritures sur toutes les constructions en ces termes : «Arrêt Dscos 31/05/2017». Pour les populations, les militaires n’ont aucunement le droit d’exploiter ces terres, car «toutes les conditions de droit pour occuper cette assiette foncière de près de 25 ha ont été respectées par la Coo­pérative d’habitat des Ong de la région de Thiès». Elles soutiennent que ce n’est rien d’autre que du «harcèlement» et de «l’intimidation» exercés sur elles par «le commandant de la zone n°7 à Thiès et la Brigade de la gendarmerie de Nguinth». Pour preuve, Mamadou Man­guas­souba, président de la Coo­pérative des Ong de la région de Thiès, fait un bref rappel du problème. «C’est en 1998 que des agents, membres de différentes Ong évoluant dans la région de Thiès et ses environs, ont eu l’idée de mettre sur pied une coopérative pour l’acquisition de terrains à usage d’habitation qui a abouti, suite à une délibération de la commune rurale de Keur Mousseu, à l’affectation d’une superficie de 24 ha sise à Daral Peulh. La délibération fut consolidée par l’arrêté n°010­/05­/DRUH/TH du 12 juin 2006 de monsieur le gouverneur approuvant le lotissement du site pour 531 parcelles.» En­suite, «la coopérative a aussitôt borné les parcelles, réalisé la piste d’accès au site à la suite de l’autorisation délivrée par la Régie des chemins de fer du Sénégal pour ouvrir un passage à niveau sur la voie ferrée avant de procéder à l’installation d’un réseau électrique et un autre d’adduction d’eau, testés et livrés par les services compétents, sur une longueur de 6 km. Dès lors, des membres de la coopérative ont opté pour la construction de leurs logements, un certain nombre de ces habitations sont achevées et habitées». C’est dans ce contexte que «des éléments de l’Armée sont passés pour détruire des constructions, des fondations, des poteaux électriques, des lampadaires, des bornes et tout ce qui pouvait l’être, sans sommation et sans saisine de notre organisation. Après ces faits, l’administration de la coopérative s’était rapprochée des autorités administratives pour être édifiée. Par la suite, un Crd spécial a été convoqué, la reconstitution du domaine militaire a été évoquée et s’ensuivit la décision émanant du chef d’état-major général des Armées, par courrier n°0087/EMG­/DEI/­CLT-T du 25 mars 2008, de laisser les Ong conserver leur lotissement situé sur la sud-ouest de l’Ecole polytechnique de Thiès (Ept)». Une décision qui a été notifiée, selon le président de la Coo­pérative des Ong de la région de Thiès, par lettre adressée au gouverneur le 31 mars 2008. La­quelle notification a servi de motif de reprise des travaux d’investissement sur le site 8 ans après, en mars 2016, date à laquelle l’Armée s’est signalée à nouveau et de la même manière. «Un retour vers les autorités de la gendarmerie, suite à une convocation du commandant de la brigade de Thiès, a donné naissance à une accalmie du fait que nous détenions toutes les autorisations requises, d’autant qu’une copie du document d’autorisation a été déposée auprès du procureur de la République qui promettait de l’étudier de plus près.» C’est dans cette atmosphère que le 31 mai 2017, des éléments supposés de la Dscos sont passés écrire sur les murs des maisons en chantier ou habitées, «Arrêt Dscos-31/05/2017». Ainsi et fort de ces éléments de «droit que nous détenons des autorités compétentes en matière foncière et qu’aucune d’entre elles n’ignore, tant au niveau national que régional», les populations de la Cité des Ong lancent un appel au président de la République, Macky Sall, pour qu’il «intime l’ordre à l’Armée nationale en général, au commandant de la zone n°7 à Thiès et à la Brigade de la gendarmerie de Nguinth en particulier, d’arrêter le harcèlement et l’intimidation exercés sur les coopérateurs et leurs ouvriers». Aussi, M. Man­guassouba invite le gouverneur de la région, par ailleurs président du Groupe opérationnel, «seule entité habilitée à démolir dans la région, à mettre en œuvre les décisions arrêtées par le chef d’état-major des Armées par courrier n°0087/EMG/DE­/CLT-T du 25 mars 2008, adressé à son prédécesseur et qui disait, je cite : ‘’… Les Ong conservent leur lotissement situé au sud-ouest de l’Ept. Le reliquat du domaine militaire devra permettre à la Comico de construire sur 100 ha au sud de l’Ept des logements pour les militaires de la base de Thiès et d’abriter deux bataillons ainsi qu’une zone vie au nord et à l’ouest de cette école…’’», dit-il tout en brandissant des documents de preuves. Il termine pour dire : «Nous allons nous défendre par tous les moyens légitimes et légaux de l’inviolabilité de nos parcelles acquises après des années de durs labeurs. Nous avons investi ici plus de 2 milliards F Cfa pour dire que nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout.»

 

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