PARTAGER

L’association Secours populaire français en partenariat avec l’Ong Eau vive Sénégal viennent de boucler à Péleo Sérères, une session de formation sur les techniques de construction de latrines. Un conclave inscrit dans le cadre du «Projet hygiène et assainissement dans le village de Péleo», sur financement du Secours populaire français.

Péleo Sérères. Un village enclavé perdu dans les profondeurs secrètes et mystérieuses de la commune de Notto Diobass, dans le département de Thiès. Une bourgade qui commence à sortir de l’ombre grâce à l’association Secours populaire français. Une association installée dans ce village depuis 2012, qui a noué un partenariat avec le comité villageois, pour la mise en œuvre d’un programme dénommé : «Projet hygiène et assainissement dans le village de Péleo.» Un projet qui a «porté ses fruits», selon la chargée de projet du Secours populaire français, qui indique que beaucoup d’ouvrages hydrauliques et d’assainissement sont construits. Mme Martine Hézard explique : «Il s’agit de la restauration du système éolien du village. Nous avons installé le système sur un autre puits. Egalement, nous avons construit un château d’eau. Sans compter l’adduction d’eau que nous avons effectuée dans chaque famille du village de Péleo. C’était la première étape du projet et nous pensons que c’était une étape très importante pour les familles.»

La joie des villageois
A son avis, «l’accès à l’eau est vraiment un point primordial puisque l’eau, c’est la vie. Et avoir un robinet d’eau devant sa maison contribue à améliorer les travaux ménagers notamment pour les femmes». Les femmes du village, signale-t-elle, à ce titre, «m’ont informée, quand nous faisions le bilan de ces installations, que les enfants font désormais leurs devoirs. Cela prouve que le projet a un impact sur la scolarité des enfants parce qu’avant, ils participaient aux corvées d’eau à leur retour d’école. Et malheureusement la plupart d’entres eux vont à l’école dans les villages environnants. Ils rentrent relativement tard parce qu’ils font le trajet à pied et, au retour, participent à la corvée d’eau avec leurs mamans. Et 19 h, c’est la nuit alors que le village n’est pas électrifié, donc ils avaient des difficultés à faire leurs devoirs correctement». Et de poursuivre : «le fait de ne plus participer à cette corvée d’eau permet aux enfants de pouvoir faire, par conséquent, leur travail scolaire avant la tombée de la nuit dans de bonnes conditions», se réjouit la chargée de projet du Secours populaire français, Martine Hézard. Elle souligne que «le projet a également un impact direct au niveau de la population en améliorant le confort d’hygiène et en redonnant aussi de la dignité aux personnes dans le cadre de l’hygiène corporelle». Aussi, «un impact indirect sur l’environnement et la prévention des pathologies liées à l’utilisation de l’eau». Egalement, ajoute-t-elle, «le projet a un impact sur la dynamique sociale dans la mesure où ce sont les artisans du village eux-mêmes qui ont construit le projet. C’est un élément important puisque le fait qu’ils construisent des infrastructures de leur village génère en eux une responsabilisation, à la fois dans la construction mais aussi dans l’entretien des ouvrages réalisés». Secours populaire, une association qui accompagne les projets de réhabilitation et de co-développement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. «Aujourd’hui, nous avons lancé les travaux de construction de latrines à double box : un box Wc et un box douche. Egalement des latrines seront construites de même que des lavoirs-puisards pour chaque famille ainsi qu’un bloc sanitaire pour la case de santé du village», dit Mme Hézard, qui explique : «Nous envisageons pour 2018 de compléter certaines infrastructures au niveau de l’accès à l’eau pour pouvoir bien répondre de façon suffisante a tous les besoins en eau.» Un modèle de projet qui devrait, selon Farba Diouf, chargé de programme de l’Ong Eau vive, être copié par d’autres villages du Sénégal. Car, à son avis, «l’assainissement est un problème où l’Etat et les partenaires techniques et financiers sont en train de se battre pour trouver une solution. Et ce genre d’initiative permet à l’Etat de trouver une solution à ce problème mais, en même temps, faire reculer tout ce qui est maladie liée aux périls fécales». A sa suite, le chef du village de Péleo Sérères, Henry Sène, a salué le partenariat entre son village et Secours populaire français, qui entre dans le cadre du «Plan villageois de développement» ficelé par le comité dudit village. «Ce sont les villageois qui ont fait l’étude d’impact du projet. Egalement la confection, l’exécution et même le suivi et l’évaluation. Et ce qui est extraordinaire, c’est que ce sont les populations qui fixent le prix de l’eau en relation avec un comité en charge de la gestion.» Pour dire, selon Henry Sène, que «c’est le village qui fait le gros du travail». Fait «inédit» en zone rurale, selon lui, qui se réjouit : «Nous pensons que les villageois, aujourd’hui, commencent à se réveiller. Peut-être que le chemin est encore long et un peu difficile.» Mais, pense-t-il, «avec une organisation locale, dynamique et organisationnelle, une planification et de la rigueur dans le travail, on peut s’en sortir bien, comme village». Il profite d’ailleurs de l’occasion pour lancer un appel «aux autres villages, partout au Sénégal, pour s’organiser en faveur du développement de leur terroir». Il termine en saluant «l’appui technique et financier de Secours populaire, qui nous a soutenus et aidés à réaliser le suivi-contrôle du projet dans les meilleures conditions possibles». Et de témoigner toute sa gratitude : «Nous sommes très reconnaissants de ce partenariat.»
nfniang@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here