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Le Centre d’entraînement tactique de la zone militaire n°7 porte désormais le nom du capitaine feu Mbaye Diagne. Un officier dont le courage a été salué lors du génocide rwandais de 1994.

Le Centre d’entraînement tactique (Cet7), au cœur de la base des forces de la zone militaire n°7, porte désormais le nom du capitaine Mbaye Diagne dont les actions héroïques lors du génocide rwandais de 1994 continuent d’être chantées par la communauté internationale. La cérémonie de baptême s’est déroulée hier, au centre qui occupe une place centrale dans la préparation opérationnelle de tous les contingents dédiés aux opérations de maintien de la paix dans la sous-région, en Afrique et dans le monde, en présence du Chef d’état-major des armées sénégalaises (Cemga) et de la famille du défunt. Selon le général de corps d’Armée Cheikh Guèye, c’est par devoir de mémoire que l’institution militaire baptise les cantonnements de l’Armée du nom des illustres fils du pays qui se sont particulièrement distingués dans l’exercice du métier des armes. Une démarche qui vise, selon l’officier supérieur, «à maintenir vivaces les belles traditions militaires, mais également à pérenniser les valeurs fondamentales qui constituent le socle de l’institution militaire». Ainsi, général Guèye justifie le «choix légitime» et «tout naturel» de baptiser le Cet7 du nom de «l’officier émérite», «un homme d’exception dont le sacrifie au service de la paix internationale est unanimement reconnu». Il insiste sur le «court et riche parcours professionnel» de l’officier Mbaye Diagne qui, passé par l’Ecole nationale des sous-officiers d’actives (Ensoa), a aussi fourbi ses armes à l’Ecole nationale des officiers d’actives (Enoa) de Thiès, avant de déposer son baluchon aux Unités d’élite des armées. «En guise de récompense pour ses loyaux services en Casamance, il est désigné comme observateur militaire pour le compte de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (Minua). Et c’est au cours de cette mission qu’il a donné sa vie pour épargner celle des autres. Devant toutes ces atrocités, il refusa d’être passif et décida de sauver autant de personnes qu’il pourra», témoigne le Cemga Cheikh Guèye qui cite le témoignage du général canadien Roméo Dallaire, commandant de la force de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (Minuar). «Il savait aller seul, puis revenait avec des dizaines de personnes qu’il avait arrachées à l’orgie sanguinaire des génocidaires. L’officier sénégalais se débrouillait ensuite pour organiser l’évacuation des personnes sauvées d’une mort certaine vers le Kenya, puis retournait en chercher d’autres», dit-il. Le patron des Armées sénégalaises insiste : «Au moment où la majorité pensait toute action vaine, il a préféré l’action périlleuse à la passivité coupable. Et au total, le capitaine Diagne aura sauvé d’une mort certaine plus de 600 civils.» Et sur une note triste, il déclare que «le 31 mai 1994, alors qu’il rentrait seul à l’état-major de la force, un obus tomba à côté de son véhicule, à hauteur d’un barrage routier, l’atteignant mortellement». Il conclut : «L’hommage qui lui est rendu aujourd’hui permettra de graver définitivement en lettres d’or son legs héroïque aux générations présente et future.» La veuve de feu le capitaine Mbaye Diagne, Yacine Mar Diop, et l’ambassadeur du Rwanda au Sénégal, Mathias Harebamungu, ont tour à tour salué les efforts du gouvernement sénégalais pour honorer ce soldat à travers la cérémonie de baptême du Cet7 au nom du capitaine. Un centre qui, d’après le capitaine d’escadron Aloïse Ndène, a formé 66 contingents en partance pour des missions de maintien de la paix, soit environ 42 mille soldats, depuis son ouverture en 2002.

nfniang@lequotidien.sn

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