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Une trentaine d’acteurs, des correspondants-pays et porteurs de projets, entrepreneurs, membres des organisations de la Société civile, des collectivités locales, conduisant des projets en lien avec les changements climatiques, venus de 14 pays d’Afrique francophone, se sont retrouvés dix jours durant à Ngaye Mékhé autour de «l’importance de l’accès aux services énergétiques qui constitue un aspect essentiel du développement». Un atelier à la fois de formations, d’échanges d’expériences et de transfert de compétences, animé principalement par l’Ong Palette au Sénégal.

Dans le cadre du programme «Initiatives Climat-Afrique Francophone (Icaf», une organisation de projets de coopération Sud-Sud, un atelier de dix jours de formation, d’information a été organisé pour les acteurs locaux. Un conclave qui a permis aux participants, selon le président de l’Ong Palette au Sénégal, Abdoulaye Touré, d’apprendre à auto-construire deux types d’équipements solaires (cuisinières et lampadaires) et d’appréhender les façons de les utiliser afin de les diffuser dans les pays des participants. Face aux changements climatiques, l’inventeur de matériels solaires et correspondant-pays d’Initiatives Climat, M. Ndiaye, préconise d’adopter «de nouveaux modes de vie, de changer les habitudes et de transformer nos économies». Il soutient qu’en Afrique, «une diversité d’acteurs : collectivités, organisations de la Société civile, entrepreneurs verts, imagine des «Initiatives Climat» novatrices  pour faire face à la nouvelle donne. Les responsables dudit programme, l’ingénieur-écologue, Meriem Houzir, et le consultant Benoît Théau, ont regretté le fait qu’en Afrique, plus de 85 % de l’énergie utilisée pour la cuisine proviennent essentiellement du bois. «L’exploitation de celui-ci ac­centue la déforestation et contribue aux effets négatifs des changements climatiques. L’électri­cité, dont la production est insuffisante, est généralement produite par des centrales thermiques, qui rejettent beaucoup de gaz à effet de serre. Lesquels, libérés par les industries à base de pétrole et de biomasse pour produire de l’énergie, ont contribué aux changements climatiques, à la perte de biodiversité dans les océans, à l’épuisement des ressources en pétrole, à la déforestation. Cela a accentué la crise alimentaire mondiale.» «Ne pouvant nous passer de l’énergie qui est le moteur du développement», ils pensent qu’il est aussi «nécessaire de changer nos modes de production en favorisant les énergies renouvelables, qui préservent nos forêts et ne rejettent pas de gaz à effet de serre dans l’atmosphère».
Au cours de la rencontre de Mékhé, il a été beaucoup question des groupes vulnérables qui, dans les pays concernés, sont traditionnellement considérés comme des bénéficiaires de l’assistance apportée dans le cadre de projets et programmes. Cette approche, à leurs yeux, pourrait être améliorée en «les positionnant comme des moteurs du changement social à travers un entrepreneuriat inclusif, qui tire avantage des opportunités of­fertes par des secteurs porteurs au niveau local». Il en est ainsi, soulignent-ils, du «secteur des énergies renouvelables, dont le développement reste limité en raison du volume d’investissement initial qu’il requiert et de l’inexistence d’unités industrielles de production au niveau national». Aussi, la levée des barrières à l’investissement dans le secteur énergétique, combinée à la promotion d’un entrepreneuriat de type inclusif, permettrait-elle de soutenir les populations dans le sens «d’une énergie durable pour tous», par la réduction des inégalités d’accès à l’énergie, la lutte contre le chômage et l’autonomisation durable des groupes vulnérables.

Enjeux climatiques
L’initiative promeut un entrepreneuriat social fondé sur la transformation des groupes vulnérables en entrepreneurs so­ciaux sur les segments de la chaine de valeur : production locale d’équipements solaires, maintenance et commercialisation. Un entrepreneuriat inclusif (promotion d’entrepreneurs provenant de ménages à faible revenu), qui concilie intégrité environnementale et profitabilité économique. Selon Meriem Houzir, «au Sénégal, nous avons mis au point et diffusé des fours solaires pour la cuisson des aliments en 2003 et des lampadaires solaires pour l’éclairage public en 2013. Aujourd’hui, nous développons des kits solaires pour l’électricité domestique et des pompes solaires pour le pompage de l’eau». Notre action, souligne-t-elle, a «consisté à former différents acteurs en vue de construire et d’utiliser des équipements solaires pour la cuisson et l’éclairage. Les activités ont touché 26 localités de 10 régions sur les 14 que compte le pays». Elle ajoute que les données chiffrées concernent 30 ateliers de formation et de renforcement de capacité qui ont été organisés, 260 artisans formés à la construction des cuisinières solaires, 3 223 femmes formées à l’utilisation des cuisinières solaires, 10 847 cuiseurs solaires qui ont été acquis par les populations, 120 lampadaires construits et vendus, 48 électriciens traditionnels formés au solaire électrique, 22 kits solaires domestiques vendus. Aussi et de mentionner sur le registre des résultats obtenus, «l’existence d’un réseau d’artisans capables de construire des équipements solaires, la baisse de la pression sur les ressources en bois, la diminution des émissions de gaz à effet de serre».
nfniang@lequotidien.sn

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