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La 3e cimenterie du Sénégal fait face à un mouvement d’humeur de ses travailleurs depuis plusieurs semaines. Ils exigent le règlement à l’amiable par la direction générale d’un conflit collectif qui s’articule autour de 13 points revendicatifs.

Les mouvements d’humeur s’enchaînent à Dangote cement Sénégal (Dcs). Après l’échec des négociations entre l’Inspecteur régional du travail et de la sécurité sociale de Thiès, la direction générale de Dcs et le mandataire syndical désigné par la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts/B), pour «le règlement à l‘amiable d’un conflit collectif» qui l’opposait aux autorités de Dcs, le Collège des délégués du personnel de Dangote a fait face à la presse hier, pour annoncer leur feuille de route. Il s’agit, en effet, d’une grève de trois jours qu’il compte décréter pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail. «Puisque la direction ne veut pas bouger dans les négociations entamées, nous sommes prêts à aller en grève. Et ce sera des milliards de pertes parce que nous allons décréter 72h de grève», annonce El Hadji Omar Baldé, délégué syndical, devant Sidya Ndiaye de la Fgts. Le syndicaliste se dit surtout choqué par l’attitude de la direction qui fait dans «le dilatoire» sur les questions relatives à l’augmentation des salaires et sa rétroactivité depuis janvier 2020, selon les procédures de Dangote après les évaluations annuelles, c‘est-à-dire la généralité et la régularité. Egalement, la révision du mode de calcul des heures supplémentaires et des forfaits pour les cadres qui est très mal fait, selon les travailleurs. «Ce qui me gêne dans les négociations, c’est que la direction ne mesure pas l’importance de ces deux points de droit. Alors qu’ils sont non négociables.» Il s’offusque : «Nos salaires sont très petits, comparés à nos deux concurrents, à savoir Sococim et les Ciments du Sahel.» Aussi les travailleurs de Dcs de rappeler que des négociations ont été menées il y a de cela 3 ans et la direction avait promis d’augmenter, chaque année, les salaires et cela a été fait pendant plus de trois ans. «Cette année-ci, ils disent qu’ils ne vont pas le faire, prétextant qu’il y a le Covid-19, alors que nous ne demandons pas des augmentations par rapport à l’année 2020, mais plutôt par rapport à l’année 2019. Ils auraient dû le faire au mois de janvier. Nous savons que le Sénégal est impacté par le Covid-19, mais c’est à partir du mois de mars», clarifie M. Baldé qui poursuit que «Dcs n‘a pas été impactée par le Covid-19». Pour preuve, enchaîne-t-il, «nous avons une capacité de production de 1,5 million de tonnes de ciment. L’usine a atteint son objectif». Pendant ce temps, s’étrangle-t-il, «il n’y a que 20% qui sont des travailleurs embauchés à Dangote, tout le reste ce sont des sous-traitants. S’ils vous signent un contrat de 2 ans, vous êtes après mutés chez quelqu’un d’autre. Vous êtes dans une entreprise, on vous demande de venir à Dangote, vous faites l’entretien avec le Drh de cette même usine, au moment de signer le contrat, on amène le contrat d’un sous-traitant». Selon les travailleurs, «Dcs foule au pied la législation sénégalaise. Les responsables de cette entreprise se préoccupent peu des lois sénégalaises».

 

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