PARTAGER

Le Sénégal va bientôt bénéficier d’une troisième usine de traitement d’eau potable à Keur Momar Sarr (Kms3) d’une capacité de 200 millions de litres par jour. Un projet d’envergure qui ne serait pas sans conséquence sur la population vivant sur l’emprise du projet, estimée à 1 673 personnes et dont l’indemnisation est fixée à 12 milliards F Cfa

Bientôt l’eau va couler avec Kms3, mais les Personnes affectées par le projet (Pap) nagent dans l’inquiétude et la peur. On entend déjà les lamentations des habitants touchés par le projet de construction de la troisième usine de traitement d’eau potable de Keur Momar Sarr et ses renforcements en aval (Kms3), un ouvrage réalisé par la Sones dans le cadre de l’approvisionnement en eau de Dakar. «Les indemnisations qui nous sont dues ont été diminuées par les autorités en charge de la question», explique Ndiakhat Ndiakhaté, habitant du village de Keur Demba Goye Ndiakhaté, dans la commune de Fandène. Selon lui, «le projet Kms3 ne rassure pas les populations impactées par les travaux de canalisation». Il explique : «Après que des enquêtes ont été menées au niveau de notre village, les montants ont été calculés. Et il ne restait plus dans le processus que d’entrer sur nos fonds. Mais à notre grande surprise, les autorités en charge de nous indemniser nous ont signalé à la dernière minute que les montants dus seront diminués. Ce qui n’a pas été du goût des populations qui avaient même prévu de sortir dans les rues pour manifester. Une manifestation interdite par les autorités du village. Et quand nous avons demandé aux autorités de nous fournir des explications, elles ont indiqué qu’elles se sont trompées sur les impenses agricoles.» Il ajoute : «Au niveau de notre village, il y a 50 personnes impactées. Et aujourd’hui, sur celles-ci, seules deux ont été appelées pour recevoir leur chèque. Nous sommes inquiets, nous avons peur que le processus d’indemnisation soit bloqué. Parce qu’ils nous avaient assuré que les Pap seront indemnisées avant le début des travaux d’exécution. Alors que depuis lors, les travaux ont démarré sur le terrain avec la pose de canalisation. Nous sollicitions des autorités que toutes les personnes impactées soient payées avant le début des travaux». «Nous ne sommes pas contre le projet parce qu’il permet d’atténuer de manière significative le déficit d’approvisionnement en eau potable de la région de Dakar. Aussi, le projet va raccorder certaines localités, situées en amont, au réseau d’adduction en eau potable, mais nous demandons que les Pap ne puissent pas courir après leurs fonds après le lancement du projet», insiste Ndiakhat Ndiakhaté.

Le préfet de Thiès rassure
En réponse à ces interpellations, le préfet du département de Thiès, Alioune Badara Sambe, fera savoir que dans tout projet de ce genre, il y a des Pap. Et pour le projet Kms3, l’autorité administrative d’assurer : «Nous n’avons pas eu de difficultés parce que c’est une indemnisation basée sur des barèmes qui ont été définis en accord partie avec les partenaires. Ce n’est pas le barème national. On a eu à libérer des emprises avec le projet d’autoroute Ilaa Touba sur 38 km où les barèmes qui ont été utilisés sont ceux nationaux, conformes à la réglementation. Pour ce cas, nous avons, avec l’appui d’un cabinet (Ndlr : Cabinet Hpr Ange consultants) qui a été choisi par la Sones, procédé au recensement. Et aujourd’hui, c’était seulement une remise symbolique» parce qu’«il y a toute une procédure avant le payement des impenses. Il faut d’abord après le recensement procéder au montage du dossier.» Alioune Badara Sambe ajoute : «Ce qui est surtout important, c’est que les chèques seront remis aux ayants droit avant le démarrage des travaux. C’est cela qui est important. Aujourd’hui, nous avons remis symboliquement 20 chèques. Le processus va se poursuivre. Et pour le département de Thiès, les personnes impactées par le projet Kms3 sont au nombre de 383 personnes.» Insistant sur la diminution des indemnités dénoncée par les Pap, l’autorité administrative explique : «En matière d’indemnisation, il y a ce que l’on appelle l’indemnisation des impenses immobilières et des impenses agricoles. Et concernant cette dernière indemnisation, il y a un barème national, mais celui utilisé pour indemniser les Pap du Kms3 est déjà largement au dessus du barème national. La Sones, avec l’accompagnement des partenaires, a même payé les pertes de production. Maintenant, il est évident que lorsqu’un arbre ne produit pas, on ne peut pas réclamer des pertes de production.» Pour dire «nous avons été aussi transparents que possible. Nous avons donné tous les barèmes aux Pap. Personne n’a été forcé. Tous ceux qui ont été payés ont signé l’acte de conciliation. On n’a rien diminué. On leur avait donné les bases de la fixation de l’indemnisation. Maintenant quand on fait son calcul, on s’attend à avoir 30 millions, mais malheureusement s’il n’y a pas de récoltes ou bien si l’arbre ne produit pas, on ne pas se permettre de les payer. Ce sont des deniers publics, il faut gérer cela. Et nous considérons que c’est une indemnisation juste».
nfniang@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here