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La Nouvelle société de textile du Sénégal (Nsts) file du mauvais coton, selon les travailleurs qui attendent depuis des années le règlement du contentieux entre la Nsts et l’Etat sur la Sotexka qui s’élève à 7 milliards F Cfa. Malgré la relance de l’entreprise en juin 2014 et l’acquisition d’un matériel de haute technologie, l’usine est à l’arrêt et le Collectif des travailleurs de la filature et tissage de Thiès (Ftt) ne constate aucune avancée. Il interpelle le chef de l’Etat Macky Sall pour permettre à l’entreprise d’avoir les fonds nécessaires à une relance définitive.

L’espoir cède la place au désespoir. La Nouvelle société de textile du Sénégal (Nsts) tisse du mauvais coton avec l’arrêt des machines de l’Unité de filature et de tissage (Ftt), cinq ans après le redémarrage de ses activités. Elles sont bloquées faute de fonds de roulement. En effet, selon les travailleurs, le problème de la société textile est lié au contentieux entre l’Etat et la Nsts sur la Sotexka qui s’élève à 7 milliards de F Cfa et qui bloque les possibilités de financement de la société.
Face à la presse hier, El Hadji Amadou Cissé et ses camarades ont vivement exprimé leur «déception et désolation» sur la situation de la Nsts qui, à leurs yeux, «n’a que trop duré». Aussi, ils ont interpellé le Président Macky Sall sur l’urgence de vider définitivement ce contentieux pour permettre à l’entreprise d’avoir les fonds nécessaires à une relance définitive. Ils ajoutent : «Depuis deux ans, nous sommes sans salaire. Et donc, ce n’est pas la peine de dire les conséquences sociales.» Et de faire remarquer : «On ne peut comprendre un pays où le chômage est la chose la mieux partagée qu’on laisse une usine de cette ampleur dans le silence total, alors qu’il y a toutes les installations requises. C’est une contradiction», assènent les travailleurs de la Ftt du groupe Nsts. Joignant sa voix à celle des travailleurs, le secrétaire général du Syndicat national des industries du textile du Sénégal, Latyr Ndella Fall, a surtout dénoncé la politique de relance annoncée par le Président Sall. «Le Président Macky Sall est venu avec des promesses, disant qu’il va redémarrer toutes les activités de cette usine. Du coup l’espoir renaissait, surtout au niveau des travailleurs», dit-il. Mais jusqu’à présent, regrette-t-il, «ce sont des promesses non tenues». A cela s’ajoute «l’indifférence des autorités de la région de Thiès sur la situation de la Nsts et de ses travailleurs». Au-delà et revenant sur le contentieux entre l’Etat et la Nsts, il explique que «la Sts avait vendu son premier mètre de tissu en 1970. Et en ce moment, le secteur textile était bien appuyé au Sénégal. Il y avait à peu près 15 à 16 unités textiles dont la Sotiba, Icotaf, Sotexka…qui absorbaient le chômage au Sénégal. Il y avait des milliers et des milliers de travailleurs qui étaient dans ce secteur. D’ailleurs on disait, du champ de coton jusqu’à l’emballage du tissu, que le secteur du textile pouvait absorber tout le chômage au Sénégal. Le régime de Abdou Diouf avait bien apprécié le travail de la Sts et nous avait légué la Sotexka de Kaolack et celle de Louga. C’est ce qui a mis à genoux la Nsts parce que tout ce qu’on produisait on investissait à Kaolack et à Louga. Et en 2012, le régime de Wade nous a récupérés totalement sans pour autant nous dédommager. Finalement, la Nsts a totalement arrêté ses activités et les travailleurs étaient tous réduits au chômage». Il poursuit : «Et il y avait un contentieux parce que la Nsts a mis 10 milliards dans la Sotexka de Kaolack. Et quand on a récupéré l’usine pour la donner à Serigne Mboup, on ne nous a pas donné un sous pour redémarrer nos activités. Voilà le blocage.» Selon le syndicaliste, «c’est un contentieux et jusqu’à présent, on attend de l’Etat ce remboursement pour redémarrer nos activités. Nous avons des machines d’une technologie de pointe et avec du coton et de l’électricité. Tous les 600 travailleurs de la Nsts peuvent reprendre leur travail». Surtout que, dit-il, «la jeunesse thiessoise ne travaille pas. Elle s’adonne au Jakarta et au café Touba. Si ce n’était pas le secteur informel, tous les jeunes seront au chômage».

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