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Plus d’une centaine de maisons ont été démolies, ce samedi, au quartier Route de Dakar 2 dont celle de Mouhamadou Lamine Massaly. Une décision de la société Soprim, qualifiée d’acte «criminel», par le responsable du Pds à Thiès, qui pointe du doigt le Président Macky Sall. Dans ce quartier, c’est l’ambiance de deuil qui règne.

Une centaine de maisons ont été démolies, ce samedi, au quartier Route de Dakar 2. Une opération qui fait suite à une décision de justice en faveur de la société immobilière Soprim et encadrée par les forces policières du Commissariat urbain de Thiès, assistées des éléments du Groupement mobile d’intervention. Mais, selon les victimes, c’est une «mesure illé­gale n’ayant obéi à aucune norme». Car, expliquent-elles, «il n’y a pas eu de mise en demeure encore moins de discussions préalables». Et parmi ces victimes, le responsable du Pds à, Thiès Mouhamadou Lamine Massaly, qui parle d’«acte criminel» et pointe le doigt sur le Président Macky Sall. Selon lui, «ce geste, loin d’être une démolition, c’est un assassinat, un acte ignoble. C’est méchant, c’est malhonnête. C’est Macky Sall qui a demandé à ce qu’on démolisse ma maison, alors que j’ai honoré tous mes engagements vis-à-vis de la Soprim. Les papiers sont là par devers moi. J’ai payé toutes sortes de redevances».
Le président de la Fédération urbaine du Pds de Thiès explique cet acte par le fait qu’il soit «un opposant, du Pds, je me suis beaucoup donné pour le Peuple et je me bats pour la destitution de ce régime, parce qu’avec d’autres compatriotes, nous avons mis en place un mouvement dénommé Nouvelle alliance pour le départ de Macky Sall, aujourd’hui c’est comme ça que Macky Sall nous paye, il est en train de nous effacer, de nous assassiner, de nous tuer, d’opprimer les opposants». Il dit «souffrir dans sa chair» par la démolition de sa maison. «Si cela m’avait trouvé sur place, je m’opposerais à cette destruction au prix de ma vie. Parce que j’aurais choisi d’être enseveli sous les décombres», annonce-t-il. La tête de liste départementale de la coalition gagnante Wattu Senegaal à Thiès, lors des Législatives du 30 juillet dernier, remarque que «Macky Sall n’a pas été mis à la tête de ce pays pour qu’il tue les gens, les assassine. Ça c’est un acte criminel de sa part, parce que nous avons des familles, nous avons des enfants, nous avons pris toutes nos économies pour construire ces maisons et mettre à l’abri nos progénitures». Rappelant que «hier, c’était Maïmouna Bousso, aujourd’hui, Mohamed Lamine Massaly», il se pose la question de savoir : «A qui le tour demain ?»  Celui qui dit n’avoir aujourd’hui que ses yeux pour verser des larmes, se demande «combien de millions F Cfa aujourd’hui ont été gâchés» ? Il se dit «prêt à aller croupir en prison» parce que, souligne-t-il, «à fond, je me donnerai pour objectif de libérer ce Peuple et faire partir Macky Sall». Le libéral qui «s’en remet à la justice divine» se refuse de porter plainte, sachant, dit-il, que «je perdrais d’avance mon procès». Sous le coup de l’émotion, il a invité ses compatriotes à «ne plus accepter que Macky Sall utilise, à son profit, les forces de sécurité» et s’est demandé : «Comment peut-on détruire des maisons d’autrui sans sommation, sans préavis, ni aucune autre forme de mesures préventives, pour quitter lesdits lieux.» Le responsable libéral qui dit avoir «pleuré pour la première fois de la sorte», a «essayé en vain de joindre le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, avant de lui laisser un message».

Décision de justice
Pour leur part, les autres victimes de la démolition pointent le doigt sur «l’ancien Premier ministre Macky Sall» qui aurait autorisé le bail. Abdoulaye Diallo, un habitant de Route de Dakar2, explique que «c’est très tôt le matin (samedi), vers 5 heures à l’aube, que des responsables de la Soprim, accompagnés de policiers et de gendarmes, sont venus exclure les gens pour se permettre de démolir les maisons. Avant que ce site ne soit attribué à la Soprim, des gens habitaient déjà les lieux depuis très longtemps. Nous sommes nés ici, avons grandi ici devant nos parents». Et de poursuivre : «C’est en 1998 qu’on a vu la Soprim venir se présenter avec un bail pour réclamer le site. C’est ainsi qu’on a intenté deux procès que ladite société a gagnés. Mais ce sont les habitants de ce quartier qui ont démarché pour faire venir l’eau et l’électricité sur ces lieux qui ont fait partie de la commune de Thiès Ouest en 1993.» Il précise que «déjà une centaine de responsables de famille avaient fini de construire leurs maisons et cinquante familles avaient déjà rejoint». Pour Cissé Bakary, trésorier du Collectif des occupants de Route de Dakar2, «nous entendons mener le combat pour réclamer justice». Il explique que «la Soprim, qui a commencé en 1998, dispose, miraculeusement, et d’un bail obtenu en 2013 et d’un titre foncier no 6515, avec une autorisation de construire de la mairie datant du 7 juin 2007. Les faits remontent à 2015, on avait saisi l’Ige et la présidence de la République, et l’affaire est allée au Tribunal, avec deux procès. Au 1er jugement, le Tribunal a ordonné l’expulsion de 40 parcelles au profit de la Soprim, nous avons fait appel, lequel a condamné tout le monde en expulsion. C’est ainsi que cette société a amené une signification du jugement mais pas une sommation interpellative pour démolition et expulsion».
nfniang@lequotidien.sn

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