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A la commune de Tassette, la désaffectation de 300 ha de terres occupés par un promoteur privé, par le Conseil municipal, pollue l’atmosphère. A la faveur d’un point de presse, les populations de Mbousnakh et environs ont dénoncé «une escroquerie foncière» de la part de leur maire qui veut leur priver de leur lieu de travail. Les contestataires ont sollicité le soutien de l’Etat.

«Stop Mamadou Thiaw!» C’est le cri du cœur lancé par les populations de Mbousnakh af­fectées par la désaffectation de 300 ha de terres occupés par un promoteur privé pour une exploitation agricole. Elles ont déversé leur bile, hurlé leur désespoir, parce qu’à Mbousnakh, la vie de plus 300 employés semble brusquement s’effondrer face aux lourdes menaces qui pèsent sur leur activité agricole du fait de cette désaffectation. Le chef du personnel de l’exploitation agricole dénommée Fallilou Atta Sarl, de lancer directement un appel à Macky Sall, au cours d’un point de presse organisé dans le site agricole: «Le président de la République a mis en œuvre le Plan Sénégal émergent (Pse) pour promouvoir l’emploi des jeunes. Et dans ce programme, le secteur agricole occupe une place de choix. Et ici à Mbousnakh, nous avons eu la chance d’avoir un promoteur privé qui, depuis 2013, valorise nos terres. Il a modernisé notre agriculture de telle sorte qu’aucune famille de ce village ne se plaigne. Il emploie plus de 300 jeunes.» Lesquels emplois, selon M. Ngom, sont aujourd’hui menacés avec la désaffectation, par le conseil municipal, des 300 ha qu’occupe jusque-là le promoteur privé. Scandaleux, selon les populations qui considèrent le maire de Tassette comme un opposant au régime de Macky Sall parce que disent-elles, «ne respectant son projet Pse en nous privant de notre lieu de travail». Et ce, ajoute Babacar Sène, président du Comité de défense des intérêts de Mbousnakh et environs, «pour des raisons inavoués». «Nous sommes prêts pour ce combat. Et ce jusqu’à notre dernier souffle parce que c’est de l’injustice. Si on veut, par des motifs inavoués, bafouer les droits et les intérêts des populations de Mbousnakh, nous sommes prêts à y mourir. Et que le président de la République sache que des autorités de la trempe de Mamadou Thiaw ne travaillent pas pour lui sinon il n’oserait pas détruire plus de 300 emplois dans sa localité.» Revenant sur la délibération octroyant 300 ha au promoteur privé, Babacar Sène explique : «Moustapha Fall, un vaillant sénégalais qui travaille pour le développement de ce pays, a respecté toutes les procédures nécessaires pour obtenir une délibération en bonne et due forme signée et approuvée par l’ancien Conseil municipal de Tassette. Aujourd’­hui il est en train d’exploiter ces terres en produisant des fruits et légumes.» Il s’offusque surtout du fait qu’au moment où l’exploitation agricole «commence à porter ses fruits, le maire de la commune, Mamadou Thiaw, veut saboter le projet. Il nous dit que le promoteur ne peut pas mettre en valeur 300 ha de terres. Il veut saboter l’exploitation pour des raisons inavouées», s’étrangle-t-il.Interpellé, le président de la commission domaniale de la commune de Tassette, Younouss Kâ, explique que la désaffectation des 300 ha terres a été votée par le Conseil municipal, car le promoteur privé en question, «n’exploite même pas 30 ha de terres. Pis il a loué une partie des terres à un Marocain. Et pour le Conseil municipal, personne n’a le droit de louer les terres d’un domaine national». Toutes raisons entres autres, selon Younouss Kâ qui a poussé le maire de la localité, «et pour l’intérêt des populations de récupérer les terres». Surtout que, ajoute-t-il, «le promoteur privé n’a pas respecté ses engagements tenus aux populations dans le cadre de la Res­pon­sabilité sociétale d’entreprise (Rse)». Pour l’heure, Saliou Dione, conseiller municipal à la commune de Tassette, n’écarte pas de rencontrer le promoteur et les populations de Mbousnakh pour la révision du protocole d’accord.
nfniang@lequotidien.sn

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