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Le 4e atelier du projet «Baromètre de l’engagement citoyen et de la redevabilité locale» (Bec-rl), mis en œuvre par le Forum civil en partenariat avec l’organisation Enda Diapol, financé par Oxfam, a été l’occasion pour les élus et organisations de la Société civile de la commune de Darou Khoudoss de dénoncer les échappées de gaz des Industries chimiques du Sénégal (Ics) et autres problèmes liés à l’exploitation du phosphate qui ont fini de polluer leur existence.

Les villages situés dans la zone d’exploitation des Industries chimiques du Sénégal (Ics) s’éteignent au fil des années. Les populations sont rongées par la pollution dont la conséquence est la multiplication de maladies respiratoires. Bien sûr, on est loin du pic de 2014 où une fuite d’acide de la même entreprise minière avait pollué les villages de Gad et de Ngomène. Mais des polluants sont toujours très présents avec la présence d’un niveau élevé et régulier de particules fines et de dioxyde d’azote dans l’air. Pis, des échappées de gaz sont récurrentes dans la zone. La dernière a eu lieu le samedi 29 septembre, où un nuage de gaz aux effets d’ammoniac s’est échappé des Ics et a envahi toute les communes environnantes, avec des dégâts collatéraux, ce qui inquiète les populations de Darou Khoudoss. Devant une délégation du Forum civil, venue présider le 4e atelier du projet «Baromètre de l’engagement citoyen et de la redevabilité locale» (Bec-rl), mis en œuvre dans ladite commune, elles ont décrié leur mal-vivre : «Ces échappées de gaz ont méchamment agressé l’environnement immédiat et lointain de la concession minière entamant sérieusement la santé d’une bonne partie de cette population.» Conséquence : «la population exposée à des toux et des diarrhées, surtout les asthmatiques et les patients atteints de sinusite dont les pathologies ont été sévèrement aggravées par ce dégagement de gaz d’un degré de toxicité inquiétant», renseignent des élus locaux et autres organisations de la Société civile de la commune de Darou Khoudoss qui indiquent que «la situation est simplement accablante». Ils poursuivent : «Plusieurs champs ont vu leurs plantations détruites par les effets nocifs de ce produit et leurs pauvres propriétaires qui peuvent déjà tiré un bilan déficitaire de cette saison ne savent, comme dans le passé, où donner de la tête.» A ce problème s’ajoutent, selon les populations, «les rejets d’eau des carrières des Ics dans les champs des agriculteurs de la commune». Aujourd’hui, déplore Nasser Kane, membre du Forum civil, «3000 producteurs maraîchers sont impactés par ces rejets d’eau à Mbenda Kakène». Pis, ajoutent les populations de Darou Khoudoss, «les conducteurs de camions des Ics ont récemment déversé du soufre dans les rues de la commune». Ce qui a poussé les populations «à barrer la route pendant plusieurs heures pour manifester leur colère suite à la pollution de leur environnement». Une avancée significative notée dans la commune suite à la mise en œuvre du projet Bec-rel, par le Forum civil en partenariat avec l’organisation Enda Diapol, financé par Oxfam, selon Alioune Babou. Le Coordon­nateur du Forum Civil/Section Thiès signale : «Nous avons noté une évolution du niveau de connaissance des populations par rapport au début du projet. Parce que de plus en plus, les populations sont informées non seulement sur la réglementation minière mais également les voies par lesquelles elles pourraient passer pour pouvoir mener des actions de plaidoyers pour qu’on respecte leur droit.» Pour dire, selon M. Babou, «la particularité du projet qui n’a pas seulement un volet théorique mais également un volet pratique, c’est d’inciter les populations à mener des actions dans la légalité bien sûr, mais également de plaidoyers, pour pousser les industries extractives à s’acquitter de leur devoir à faire ce qu’elles doivent en termes de redevances, de fonds de péréquation, etc.verser à l’Etat pour que tous les revenus qui doivent revenir aux populations leur reviennent. Egalement, pour que ces populations puissent bénéficier de projets qui puissent changer leur vie. Donc c’est un projet qui forme, encadre et accompagne les populations pour les pousser à mener des actions concrètes pour pouvoir changer la situation». Revenant sur le projet Bec-rel, le Coordonnateur régional du Forum civil Alioune Babou fait savoir : «Comme son nom l’indique le projet est un baromètre pour mesurer l’action des élus territoriaux mais aussi des membres des organisations de la Société civile dans leur engagement, non seulement pour la redevabilité minière, mais aussi pour des luttes pour faire en sorte que les industries extractives puissent s’acquitter de leur devoir à l’endroit des communautés. Et le baromètre a pour but de mesurer de manière périodique cet engagement pour voir son évolution. Il y a une enquête qui a été déjà faite, les résultats vont sortir bientôt.»
nfniang@lequotidien.sn

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