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Le Forum sur le commerce de l’Union des commerçants détaillants de Thiès (Ucdt) à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Thiès, en présence des autorités en charge du commerce, a permis aux intéressés d’étaler les différents maux dont souffre leur secteur.

S’unir pour être fort : C’est le mot d’ordre des commerçants détaillants, marchands et autres boutiquiers de la région de Thiès qui viennent de se constituer en union dans la Cité du Rail. Un mouvement dont le lancement est précédé d’un forum qui a eu lieu hier à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Thiès, en présence des autorités en charge du commerce. Une occasion pour eux de «détailler» les problèmes auxquels ils se heurtent dans l’exercice de leur métier. Eux qui souhaitent mettre fin aux multiples désagréments de surtout dénoncer les infernales tracasseries dont ils font l’objet de la part des agents du Services d’hygiène, du contrôle économique et fiscaux. Selon Ablaye Sow, président de l’Union des commerçants détaillants de Thiès (Ucdt), il s’agit, entre autres, de «problèmes liés aux contrôles effectués par les agents d’hygiène et de contrôle économique». Il dénonce : «Les éléments du Service d’hygiène nous interpellent de façon brutale sur nos lieux de travail et ceux du contrôle économique débarquent sans au préalable prévenir pour nous forcer à payer les patentes. Et parfois, ils sont accompagnés de Forces de l’ordre et nous imposent à payer des sommes allant jusqu’à 30 mille F Cfa, sinon ils ferment votre boutique.» Le Secrétaire général de l’Ucdt, Alioune Sow, qui s’est presque étranglé de rage, dénonce les conditions difficiles de travail liées surtout aux contrôles sévères. «Les agents du Contrôle économique nous imposent des amendes que nous ne supportons pas. Et pourtant, la faute ne nous revient pas puisque toutes ces marchandises frauduleuses passent par nos ports, nos frontières avant d’atterrir dans les boutiques des détaillants. Et au lieu de stopper le mal depuis les frontières, ils attendent que cela atterrisse dans le marché pour nous faire porter le chapeau», fustige-t-il avant d’ajouter : «Les agents du Service d’hygiène nous reprochent surtout de ne pas faire de visites médicales ; lesquelles ne se font pas dans les règles de l’art. Parce que qui dit visite médicale pense à une prise de sang, à une prise de crachat, à faire la radiologie des poumons. Malheureusement, quand vous allez au niveau de leur service, ils ne prennent que votre tension.» Pis, poursuit-il, «depuis qu’ils sont en mesure d’amener le commerçant devant le procureur, nous sommes confrontés à d’énormes difficultés. Au lieu de nous donner de petites contraventions, ce sont des amendes très élevées qu’ils nous servent», s’est-il offusqué pour faire remarquer qu’il s’agit bien là «de difficultés qui se résument en une répression quotidienne» ; d’où l’organisation de ce Forum du commerce afin que les commerçants et agents de l’Etat puissent s’entendre et travailler pour l’intérêt des consommateurs.
Le nouveau chef du Service régional du commerce, Alioune Badara Samb, dégage en touche. Pour lui, il ne s’agit pas d’une répression, ni d’un contrôle, mais d’une surveillance du marché. Il dit : «Il y a des infractions auxquelles les consommateurs sont confrontées. Nous avons contrôlé hier, quelqu’un qui avait 279g de ‘’Sankhal’’ dans un sachet présenté comme 400g. Un autre contrôle d’un commerçant a révélé que ce dernier vendait de l’eau dans un sachet de 400ml alors qu’il n’y avait que 250ml d’eau.» M. Samb renchérit : «Nous avons fait des contrôles depuis le début du ramadan et plus de 90% des boulangers sont en infraction. Ils ont fait l’objet d’amende. La baguette de pain coûte 150 francs Cfa pour un poids de 190g.» Pour dire, selon le commissaire aux enquêtes économiques, M. Samb, «ce sont là des infractions que nous constatons quotidiennement». Au-delà, il demande à tous les agents du service de l’Etat, en particulier celui du commerce, d’ouvrir leurs portes aux commerçants parce que «ce sont nos premiers partenaires». «Nous ne poursuivons pas les voleurs dans la rue, encore moins ceux de bétails. Nous sommes là pour faire marcher le commerce au Sénégal en baissant les prix, en contrôlant la qualité des produits et la loyauté des transactions», dit-il. Pour mieux réussir la mission à laquelle ils se sont assignés, les commerçants qui se considèrent comme acteurs à part entière du développement du pays comptent davantage s’organiser avec leurs camarades des autres départements en vue d’élargir les bases de leur collectif quant à la défense de leurs intérêts communs.
nfniang@lequotidien.sn

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