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Pour demander une bonne gestion de la commune par le maire et la révision du barème d’indemnisation des Industries chimiques du Sénégal (Ics), les populations de Méouane ont organisé hier une journée de protestation.

Un «désastre» ! C’est le mot utilisé par les populations de Méouane pour qualifier la gestion du Covid-19 par leur maire, par ailleurs administrateur de la Maison de la presse, Bara Ndiaye. Le coordonnateur de Force pour le développement (Fpd), Cheikh Fall, l’accuse de s’être «honteusement servi de la souffrance sociale et morale de la population comme couverture pour perpétuer une sale gestion du Covid-19». Les plaignants, toutes griffes dehors, dénoncent «la gestion frénétique dans des dépenses dont le maire Bara Ndiaye, seul, était l’ordonnateur et l’exécutant», et indiquent qu’il «n’est que la preuve d’un activisme populiste qui dissimilait des intentions malsaines». Les populations qui ne cachent pas leur indignation expliquent, «à la suite de l’ordonnance présidentielle autorisant le bureau à se substituer au Conseil municipal pour toute délibération relative à la lutte contre la pandémie, que le maire a obtenu en deux séances la mobilisation de 77 millions de francs Cfa à partir des recettes de la commune». Cette enveloppe, selon M. Fall, «était destinée, selon les objets des délibérations, à soutenir les populations éprouvées, en particulier les ménages vulnérables. De ce fait, 44 millions de francs Cfa étaient destinés pour l’achat de vivres et 33 millions pour celui des semences et d’intrants agricoles». Le coordonnateur de Fpd s’offusque encore : «La déception a vite succédé à l’espoir quand le maire a unilatéralement décidé de tout fouler au pied. Sur les 33 millions destinés à l’achat de semences, seuls 9 millions ont été engagés et le maire les a convoyés chez lui pour ensuite les distribuer à des individus choisis suivant ses appréciations personnelles. Quant à l’enveloppe de 44 millions consacrée à l’achat de riz, seuls le maire et son secrétaire municipal, dans leur ‘’Bara yegoo’’, savent ce qui en est advenu». Ainsi, les populations rouges de colère interpellent «les autorités dans le sens d’une vérification de la manière dont notre commune est gérée». Une gestion qui, selon elles, «défie toutes les lois et règles de la comptabilité des deniers pu­blics».
L’autre grief des populations qui manifestaient, hier au centre communal de Méouane, «c’est le conflit foncier les opposant aux Industries chimiques du Sénégal». Selon Cheikh Top, porte-parole des populations, «le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, en visite à Méouane pour cette affaire le 28 juillet 2020 dernier, s’était prononcé sur l’extraction du phosphate des Ics par les populations de Tobène, Macka et Keur Maguèye. Après avoir écouté les deux parties, le ministre avait rappelé que le décret qui régit le barème national date de 1974». Et par conséquent, dit M. Top, «il doit être revu et réactualisé. On ne parle plus de barème en vigueur», avait poursuivi le ministre avant d’appeler les deux parties à «une concertation sérieuse sur la question des indemnisations». Aussi, le ministre avait sollicité «la délimitation des terres dont les Ics avaient besoin». Mais sur ce sujet, les populations réitèrent leur «refus de façon péremptoire à toute tentative qui consisterait à forcer la délimitation des terres sans consensus au préalable. Si la force consiste à attaquer de pauvres et innocents paysans, qu’il soit clair aux yeux de tous que nous sommes plus que jamais déterminés à aller jusqu’au bout ; et cela, quoi qu’il nous en coûterait».
Interpellées sur cette question, les Ics disent être en phase avec le ministre de l’Intérieur. Lequel a proposé de délimiter les 6 ha de Tobène avant de discuter du barème d’indemnisation.

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