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Animant une conférence sur le thème «Politique forestière du Sénégal : mécanisme de mise en œuvre et adhésion des populations», organisée par le Centre forêt de Thiès, le président du Conseil départemental de Koungheul, par ailleurs chargé des relations extérieures de l’Union des associations des élus locaux (Uael), Assane Diop, a salué la stratégie de protection mise en œuvre par le service des Eaux et forêts dans le cadre de leur politique de gestion durable de l’environnement. Une stratégie définie dans la nouvelle politique forestière portée par l’Etat sénégalais et couvrant la période 2005-2025 et qui permet de définir dans l’espace forestier de chaque collectivité locale «huit aires bien distinctes dont sept protégées et une seule exploitée économiquement pour assurer le bien-être des populations». Ce qui est «extrêmement important puisqu’il est impossible de demander à ces populations de ne pas toucher aux forêts» surtout quand on sait «que ce sont ces forêts qui les font vivre dans une certaine mesure». Il ajoute : «Le problème de l’exploitation du charbon de bois posant énormément de problèmes, je pense que cette stratégie qui vise à laisser les populations exploiter une des huit parties de leur espace forestier et garder les sept autres en protection est une approche extrêmement novatrice et importante qu’il faut saluer.» Le président du Conseil départemental de Koungheul estime que ladite stratégie est d’autant pertinente que «l’environnement étant un enjeu national voire international, il est pratiquement impossible de gagner le pari de sa protection sans une forte mobilisation et implication des populations». Présidant la rencontre qui a regroupé forestiers, élus locaux, militaires et élèves du lycée Malick Sy de Thiès, le directeur des Eaux et forêts, Colonel Baïdy Bâ, estime que «cette nouvelle démarche dans l’aménagement des espaces forestiers relève d’une option faite par l’Etat sénégalais depuis 2008». Une option qui se veut pour mettre un terme à l’exploitation qui se faisait dans des zones non aménagées avec toutes les conséquences que cela représentait en termes d’agression des massifs forestiers et de dégradation de l’environnement. C’est ainsi qu’en ce qui concerne le charbon de bois, toute l’exploitation se fera désormais dans les zones aménagées. «Les forêts inventoriées et maîtrisées, nous avons créé des blocs composés chacun de huit parcelles et mis en place un système d’exploitation à cycle rotatif. Lequel système permet de faire en sorte qu’une parcelle déjà exploitée puisse être laissée en jachère pendant huit ans avant de faire l’objet d’une autre exploitation.» Dans le cadre de l’exploitation, «s’il y a possibilité de couper dix arbres sans que la forêt ne soit écologiquement menacée, on en coupe que la moitié avec un ciblage rigoureux sur les espèces et les diamètres des sujets à abattre». Pour dire que «l’option entre dans le cadre d’une gestion durable des massifs forestiers du pays».
Le cadre d’action forestier défini dans la nouvelle politique forestière portée par l’Etat sénégalais et couvrant la période 2005-2025 veut contribuer de façon sensible à la réduction de la pauvreté grâce à la conservation et à la gestion durable du potentiel forestier à travers la mise en œuvre cohérente de la politique de décentralisation et de coopération dans le cadre des conventions locales, internationales et du partenariat sous-régional.
nfniang@lequotidien.sn

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