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Les cheminots de Dakar-Bamako-ferroviaire ont décrété depuis hier une grève de 48 renouvelables. Laquelle débute le quatrième plan d’actions du Cadre unitaire des travailleurs de Dbf qui exigent de l’Etat la relance du chemin de fer.

«La politique ferroviaire du président de la République a échoué. Macky Sall nous avait promis de refaire le chemin de fer, mais aujourd’hui tout est à Ter», s’offusquent les cheminots de la société ferroviaire, en rassemblement hier devant la direction de la boîte. Selon Mame Demba Diakhaté et ses camarades qui ont décrété 48h de grève renouvelable, le combat pour la continuité de l’activité ferroviaire va se poursuivre et ce, jusqu’à obtention de gain de cause. «Le mot d’ordre est suivi à 99%. L’entreprise minière Grande côte opérations (Gco) qui faisait 4 trains par jour n’a pas circulé aujourd’hui. Idem au niveau des Industries chimiques du Sénégal (Ics) qui faisaient circuler 14 trains par jour. De même que le Petit train de banlieue (Ptb). Nous sommes dans une très bonne dynamique parce que les cheminots sont mobilisés de Dakar à Kidira pour l’intérêt du chemin de fer et du pays, mais aussi pour la sauvegarde de nos emplois.» Surtout que, dit le porte-parole du Cadre unitaire des cheminots, «le chemin de fer ne s’est pas arrêté, mais c’est le président de la République qui veut l’enterrer et on ne l’acceptera pas». Mame Demba Diakhaté s’étrangle : «Il a fait son discours à la Nation ce 3 avril sans mentionner le chemin de fer qui est en décadence. C’est inacceptable.» Alors que pendant ce temps, «l’avenir de l’entreprise est inquiétant». Il explique : «Aujourd’hui, le Sénégal ne dispose même pas d’une seule machine. Et on nous parle de deux locomotives qui doivent être réparées et des pièces de rechange qui sont au niveau des approvisionnements, mais ce sont des pièces qui ne peuvent pas même pas faire une machine», crache Mame Demba Diakhaté, qui perd presque son latin lorsqu’il s’agit de s’épancher sur le travail du ministre délégué chargé du Développement du réseau ferroviaire : «C’est un ministre qui travaille à la destruction ferroviaire. Abdou Ndéné Sall avait divisé les cheminots. Pis, il nous avait promis 1 500 milliards F Cfa pour refaire le chemin de fer. Tout est à terre.» Concernant l’administrateur de Dbf, le cheminot lâche : «Il est aux abonnés absents. Il ne respecte pas les décisions prises. Et on ne comprend pas où il met les sous. Qu’il nous dise qu’est-ce qu’il fait de l’argent des deux allers-retours entre Dakar et Bamako que nous faisons, mais également l’argent d’Eiffage…» A ce titre, le Cadre unitaire des cheminots de Dbf lance un appel au ministre de tutelle pour «un audit interne de l’entreprise». Au président de la République, il demande «de revenir à la réalité», car «on ne peut pas comprendre un pays sans chemin de fer. Lui qui parle du Pse et d’autosuffisance alimentaire, qu’il sache que ces deux béquilles de sa politique ne peuvent marcher sans le chemin de fer».
nfniang@lequotidien.sn

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