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La première promotion de master en architecture du Collège universitaire d’architecture de Dakar (Cuad) et l’Unité de formation et de recherche des sciences de l’ingénierie (Ufr/Si) a soutenu mercredi à l’auditorium de l’Université de Thiès (Ut). Une occasion pour le Conseil d’administration du Cuad d’interpeller l’Etat sur son projet de mise en œuvre d’une école nationale d’architecture.

Le Collège universitaire d’architecture de Dakar (Cuad) est plus intéressé par la mise en place par l’Etat du Sénégal d’une école nationale d’architecture que par une université d’architecture. L’avis est de Annie Jouga, membre du Conseil d’administration dudit Collège. C’était à l’occasion de la cérémonie de soutenance de la première promotion de Master en architecture, hier, à l’auditorium de l’Université de Thiès. Pour l’architecte, l’Etat sénégalais doit créer sa propre école nationale d’architecture parce qu’à son avis, «ce n’est pas normal que le Sénégal qui est précurseur dans tellement de domaines ne puisse pas disposer d’école nationale d’architecture». Elle donne l’exemple de la Côte d’Ivoire : «C’est l’Etat ivoirien qui a demandé à l’Ordre des architectes de créer une école d’architecture avec des architectes comme nous du privés. Ils font la même chose mais c’est l’Etat qui leur donne les moyens de faire.» Pour dire, selon Mme Annie Jouga, que «si c’est possible en Côte d’Ivoire pourquoi pas au Sénégal. Et ça marche. La Côte d’Ivoire en est à sa deuxième année nous à notre neuvième année mais seuls». Ainsi et de lancer un appel à l’Etat «si les Ivoiriens arrivent à faire cela, nous on peut faire mieux puisqu’on a déjà notre école d’architecture». Aussi et de demander à l’Etat sénégalais de les associer dans ce projet.
Revenant sur la cérémonie de soutenance de la première promotion de master en architecture, Mme Annie Jouga, estime que c’est l’aboutissement de 15 ans de travail. «Nous avons ouvert en 2008 pour former des techniciens supérieurs en architecture parce qu’il y avait un manque criant dans la profession. Nous qui étions des professionnels, nous avions des problèmes à trouver des techniciens avec qui travailler. Des personnes qui comprenaient comment un cabinet d’architecture est structuré. Il y avait beaucoup de gens qui étaient du génie civil mais on n’avait pas de techniciens en architecture parce que l’école qui les formait était fermée depuis 1991.» D’où l’idée de créer cette école pour former «des techniciens qui venaient ensuite nous seconder». L’ar­chitecte d’ajouter : «On avait besoin de collaborateurs et puis au fur et à mesure nous nous sommes rendu compte que ces collaborateurs-là étaient bril­lants. On s’était alors dit qu’il fallait les pousser à autre chose parce qu’on ne pouvait pas les figer. Et donc on a ouvert la licence et 9 ans après nous sommes aujourd’hui ici pour la soutenance de la première promotion.» Pour dire, selon Annie Jouga membre du Conseil d’administration du Cuad, que «c’était un défi et on y est arrivé. On ne s’arrêtera pas là. Nous allons faire en sorte de produire des architectes. Et en collaboration avec l’Université de Thiès, nous allons continuer à former ces masters-là». La diplômée en architecture économique et écologique du Cuad et l’Ufr science de l’ingénierie de l’Université de Thiès, Gisèle Coumba Faye, revenant sur son sujet de mémoire : «L’habitat économique et écologique à Diamnadio», explique que le but de ce travail est de proposer un type de logement écologique et économique en bambou à Diamnadio, dans une Cité appelée Habiteco. Celle-ci, poursuit Mme Faye, se veut être un cadre de vie où l’environnement est respecté et où les habitants auront une responsabilité engagée en matière d’environnement. «C’est un sujet d’actualité parce que la problématique qui se pose aujourd’hui c’est le réchauffement climatique et nous architectes nous devons réfléchir sur ce problème. C’est pourquoi nous avons choisi d’utiliser des éléments naturels dans notre projet pour voir les avantages mais également regarder de plus près les inconvénients pour ensuite le retravailler de sorte à ce qu’on le transforme en avantage. Egalement impliquer les personnes dans l’engagement par rapport à l’environnement et à l’architecture durable.» Et pour la réussite de son projet écologique, Gisèle Coumba Faye espère travailler avec des ingénieurs car, fera-t-elle savoir, «ce n’est pas seulement l’aspect architectural qu’il faut travailler mais également l’aspect structure. Et ce travail est fait par des ingénieurs. Je reste donc ouverte à toute proposition de travail avec les ingénieurs pour qu’on puisse amener des solutions par rapport au bambou parce que c’est un matériel assez intéressant et d’avenir qui pousse dans la zone des Niayes, en Casamance et dans la région de Kédougou».
nfniang@lequotidien.sn

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