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Talla Sylla, maire de Thiès.

Le vote du budget de la ville de Thiès est forclos depuis le 31 mars 2017. La date butoir retenue pour cet exercice a été dépassée. Ce qui, au regard des dispositions prévues dans le  Code des collectivités locales, «laisse libre cours au préfet de décider de la définition et de la validation dudit budget du Conseil municipal». C’est la lecture des conseillers municipaux de Rewmi qui faisaient face à la presse samedi. Une situation qu’ils disent avoir «vainement tenté d’éviter en usant de toutes les voies légales» dudit Code. «Après le report de la première session pour défaut de présentation du compte administratif, nous avons effectué une sortie à travers la presse pour sommer le maire à convoquer une se­conde fois pour que le budget puisse être voté. Une tentative qui n’a rien donné. Aussi, de guerre lasse, nous avons, conformément aux textes régissant les collectivités, envoyé une correspondance en date du 20 mars au maire avec ampliation au gouverneur, au préfet et au receveur-percepteur afin de le contraindre à convoquer la session. Ce qui n’a servi à rien puisque le maire a continué à faire dans le dilatoire et jouer avec le temps», rappellent les camarades de Idrissa Seck. Qui constatent que «la stratégie du maire semble aujourd’hui con­cluante».
Par conséquent, soulignent-ils, «le délai de rigueur ayant expiré, c’est au préfet que revient désormais, sauf extraordinaire, la charge d’élaborer et de valider le budget de la mairie ville de Thiès». Estimant qu’ils sont mis devant «le fait accompli», les conseillers rewmistes trouvent que cette situation est «une violation flagrante de l’article 145 du Code des collectivités locales qui stipule qu’en cas de refus catégorique du maire de convoquer son Conseil municipal, le préfet peut le contraindre à le faire». A défaut, poursuit l’article, «la majorité des conseillers peut contraindre le maire à le faire». Ce qui a été fait. En effet, une liste de 45 conseillers signataires a saisi le maire par correspondance pour exiger de lui qu’il convoque le Conseil municipal. Pour eux, Talla Sylla «ne peut pas avoir un nouveau budget sans que le Conseil municipal n’arrête et ne vote le compte administratif de l’exercice précédent». Les conseillers de Rewmi en déduisent que «ce à quoi on assiste n’est rien d’autre qu’une mise tacite de la mairie ville de Thiès sous délégation spéciale par l’Etat du Sénégal», soulignant que «quand une collectivité locale n’a plus son organe délibérant, c’est une délégation spéciale de fait». Et ces élus de s’interroger : «Quelle est la nébuleuse dans sa gestion que Talla Sylla veut cacher au point de refuser de présenter à son Conseil municipal le compte administratif de la gestion précédente ?»
nfniang@lequotidien.sn

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