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Les 12 conducteurs de motos Jakarta, arrêtés ce mardi lors d’une manifestation non autorisée dans les rues de Thiès puis placés sous mandat de dépôt, seront jugés aujourd’hui devant le Tribunal de grande instance de Thiès. Leurs camarades face à la presse dénoncent les tracasseries policières dont ils font l’objet et demandent un meilleur traitement.

Par Ndèye Fatou NIANG (Correspondante) – Freinés par les agents de sécurité de proximité, les conducteurs de moto Jakarta se sont affrontés avec Forces de l’ordre suite à une manifestation non autorisée, ce mardi, dans les artères de la cité du Rail. Bilan : 12 conducteurs de moto Jakarta appréhendés et placés sous mandat de dépôt, deux blessés et une vingtaine de motos saisies. Les responsables de l’association face à la presse dénoncent les tracasseries dont ils font l’objet de la part des agents de l’Agence de sécurité de proximité (Asp). Selon Assane Djigual, qui porte leur parole, «à Thiès, les conducteurs de motos Jakarta sont interdits de circuler la nuit. Mais aujourd’hui les Asp ne se limitent plus à nous contrôler pendant la nuit. Ils nous persécutent à n’importe quelle heure de la journée. Pire, ils ne se limitent plus à nous contrôler dans la circulation mais ils nous harcèlent jusqu’au niveau des arrêts Jakarta en nous demandant des papiers dont nous ne possédons pas». Parmi ces papiers, cite le conducteur de moto, «il y a la carte grise et l’assurance. Nous n’avons pas ces papiers-là». Il explique : «Tout le monde sait qu’au Sénégal, les conducteurs de moto Jakarta n’ont pas de papiers, parce que la législation n’a pas prévu cela. Le conducteur de Jakarta au Sénégal on lui demande tout simplement son casque.» Il dénonce le harcèlement dont ils sont victimes alors qu’ils ne font que travailler pour gagner leur vie à la sueur de leur front. Et de s’indigner : «personne ne peut accepter de travailler toute la journée, avoir un 5 000 francs Cfa pour ensuite le remettre à  la police. C’est inadmissible», s’est presque étranglé le conducteur de moto qui renseigne que  parmi ces Asp, il y a beaucoup de conducteurs de moto. «Nous les connaissons bien parce que nous étions ensemble dans l’association qui nous regroupe aujourd’hui. Ils sont aujourd’hui devenus Asp, peut-être, ils ont envie d’avoir quelque chose parce qu’ils savent que le conducteur de moto gagne plus qu’eux. Mais c’est leur problème. Mais qu’ils arrêtent de prendre l’argent d’autrui parce que c’est honteux. Ils ne respectent pas les populations. Ils arrêtent les gens de manière brutale alors qu’il y a une façon d’interpeller les personnes», fustige-t-il avant d’interpeller les autorités de la ville de Thiès d’interdire des pratiques de ce genre. Ainsi et pour résoudre le problème, l’association des conducteurs de moto Jakarta de Thiès demande l’immatriculation de toutes les motos Jakarta. «Comme ça chaque mois nous allons payer des taxes au niveau de la perception municipale», ajoute-t-elle. Ce qui permettra, selon lui, aux Forces de l’ordre, de concert avec les Asp, de contrôler tous les 5 du mois, les conducteurs de moto. Et tout conducteur, dit-il, qui ne paye pas ses taxes, sera sanctionné d’une amende. Une manière, selon lui, de participer au développement de la ville de Thiès.
nfniang@lequotidien.sn

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