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L’affaire des quatre policiers condamnés à 10 ans de prison pour le meurtre de Ibrahima Samb a ouvert hier, les audiences spéciales de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Thiès. Almamy Lawaly Touré, Thiendella Ndiaye, Mame Cor Ndong et Ousmane Ndao ont été condamnés hier à 5 ans d’emprisonnement ferme pour meurtre de l’apprenti-chauffeur et une amende de 20 millions F Cfa.

L’affaire des quatre policiers condamnés à 10 ans ferme pour meurtre avec actes de barbaries a été vidée, hier, en audience spéciale suite à l’appel interjeté par les prévenus après avoir été condamnés à 10 ans d’emprisonnement ferme par la Chambre criminelle du  Tribunal de grande instance de Diourbel. Almamy Lawaly Touré, Thien­della Ndiaye, Mame Cor Ndong et Ousmane Ndao ont été reconnus coupables de meurtre et condamnés à cinq ans de prison ferme par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Thiès. En effet, l’affaire remonte à la nuit du 18 au 19 octobre 2013 lors d’une patrouille au Théâtre de verdure de Mbacké  où Coumba Gawlo animait un concert.
Les quatre policiers, tous membres de la Brigade de recherches de Mbacké, sont descendus sur les lieux, avant d’interpeller plusieurs personnes dont Ibrahima Samb. Leur véhicule de service étant plein, les agents du chef de brigade, Issac Gassama, ont décidé d’installer Ibrahima Samb dans la malle arrière de la voiture de Almamy Lawaly Touré. A la fin des opérations, ils sont rentrés, oubliant le défunt âgé à peine de 18 ans qui y a passé la nuit. Devant la barre de la Cour d’appel, Almamy Lawaly Touré,  propriétaire et conducteur du véhicule,  a affirmé que lui et ses collègues n’avaient  pas le choix puisque leur véhicule était plein. C’est pourquoi, poursuit-il, ils ont décidé à l’unanimité de mettre Ibrahima Samb dans la malle du véhicule sans aucune mauvaise intention. Et arrivés au poste  de police, ils avaient oublié de le faire descendre. Ce n’est que le lendemain vers  14 heures que Touré s’est rendu compte  qu’ils avaient  oublié  quelqu’un à l’arrière du véhicule. Il a ensuite pris le soin de conduire la victime au centre de santé de Mbacké après  avoir informé ses collègues  ainsi que  le  commissaire de la police centrale de Mbacké. Des déclarations qui ont été confirmées par ses collègues. Toutes raisons entre autres qui feront dire à l’Avocat général, Djibril Bâ, que l’acte posé par les prévenus est suffisant pour prouver qu’ils avaient l’intention de donner la mort. Surtout  quand on sait que, poursuit-il, le certificat de genre de mort fait état de  décès causé par une hémorragie pulmonaire  et des blessures provenant du débarquement. «Le jeune est mort dans des circonstances dramatiques même s’il est décédé à 14 heures. Le premier niveau de violences résulte de l’acte que le jeune homme a été mis dans le coffre d’un véhicule pendant au moins 14 heures. Ils sont tous responsables de la mort du jeune homme. Ils n’ont aucune excuse», a-t-il martelé. Et de les reconnaître ainsi coupables des faits qui leur sont reprochés avant de demander à la Chambre criminelle d’appel de les condamner à 10 d’emprisonnement dont  5 avec sursis. La défense, elle, a fait remarquer à la chambre que l’erreur commise par les détenus n’est que l’oubli.  Car, souligne-t-elle, si la victime avait été évacuée au service de santé à temps, elle ne serait pas morte. Selon elle, la première erreur de ces derniers a été d’accepter d’aller en patrouille sans moyens. C’est la raison pour laquelle elle a demandé à la Chambre criminelle d’appel de leur faire une application bienveillante de la loi en revoyant à la baisse la peine retenue par la Chambre criminelle de Diourbel. Une requête que la chambre a retenue en se prononçant pour 5 ans d’emprisonnement ferme contre les prévenus. Laquelle peine est assortie d’une amende de 20 millions de francs Cfa qui seront payés par l’Etat du Sénégal.
nfniang@lequotidien.sn

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