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De violents affrontements ont éclaté, hier matin, entre des habitants de la commune de Cherif Lô et les Forces de l’ordre. Pour cause : ils s’opposent au morcellement d’une parcelle objet de litige. Bilan : plusieurs blessés et des arrestations notées.

La tension était vive hier matin dans la commune de Cherif Lô. De violents affrontements ont opposé, plusieurs heures durant, les  Forces l’ordre et des populations. A l’origine, un lotissement de 4 600 parcelles initié par les autorités municipales. Les populations, qui s’opposent à ce lotissement, ont pris d’assaut, très tôt le matin, le site pour, disent-ils, dénoncer le morcellement de leurs terres, et dont les travaux devraient démarrer le même jour. Déterminés à poursuivre leur rassemblement malgré l’interdiction des Forces de l’ordre, les manifestants ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes en échange de jets de pierres. Des échauffourées, qui ont occasionné des blessés et l’arrestation de plusieurs habitants de la commune de Cherif Lô par les gendarmes. Mais ce ne sera pas suffisant pour dissuader les populations des villages de Ndité, Mbodjène, Ndia, Ndiandakhoum, Mbampana, Keur Yoro et Keur Matar qui ne décolèrent toujours pas. Elles ont ainsi, pris d’assaut la Route nationale en brûlant des pneus un peu partout perturbant ainsi la circulation entre Tivaouane et Thiès. Elles soutiennent qu’elles vont continuer les manifestations jusqu’à avoir gain de cause. Malgré les blessés et les arrestations, elles vont «résister». «Nous sommes des non-violents mais nous sommes libres comme tout bon citoyen sénégalais de défendre nos droits et nous irons jusqu’au bout. Nous n’avons peur de rien parce qu’il y a déjà un lotissement et les autorités municipales veulent faire un autre lotissement sur le même site. Ce que nous refusons. Ils sont en train de violer la loi parce que le dossier est entre les mains de la justice. Ils devaient donc attendre que la justice se prononce. Mais ils veulent forcer. Cela montre qu’ils ne respectent pas les institutions de la République. En tout cas nous n’allons pas nous laisser faire», assènent les habitants. Ils dénoncent surtout que des manifestants soient «battus, malmenés et arrêtés par la gendarmerie» avant de soutenir qu’ils vont «s’opposer a ce morcellement au prix de leur vie».
Rappelons que cela fait plus deux semaines que les populations de ces dits villages dénoncent ce lotissement. Un lotissement de 4 600 parcelles prévu, selon les populations, sur des terres arables où l’écrasante majorité des populations de ces villages cultive pour nourrir leurs familles. «En s’abordant notre source de vie, les autorités municipales veulent attenter à nos vies en servant d’autres intérêts. C’est pourquoi, nous disons clairement qu’ils marcheront sur nos cadavres avant de spolier nos terres», avaient-ils lancé. Ils lançaient surtout un message au chef de l’Etat, Macky Sall, pour lui signifier que «sous le magistère de Abdoulaye Wade, 7 000 hectares ont été amputés de l’ex-communauté rurale de Chérif Lô dans le cadre de l’extension de la ville de Tivaouane avec des conséquences fâcheuses pour les paysans. Cette fois-ci, nous ne serons pas pris de court, car nous ferons face aux autorités qui veulent nous priver de nos champs», avaient laissé entendre les populations de la commune de Cherif Lô.
nfniang@lequotidien.sn

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