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Pour le père du boulanger-conducteur de moto Jakarta, mort dans des circonstances non encore élucidées, dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 août, Amar Mbaye a été «assassiné». Mafatim Mbaye, qui faisait face à la presse hier, a démonté l’enquête policière bouclée et remise au Parquet de Thiès, qui l’a confiée au juge du premier cabinet près le Tribunal de grande instance de Thiès.

La famille de Amar Mbaye digère mal les révélations de l’enquête sur la mort de leur enfant, qui déchargent le policier El Capo. Mafatim Mbaye, père de la victime, qui faisait face à la presse hier, affirme que tout «ce tapage médiatique concourt tout simplement à faire avaler à l’opinion la thèse de l’accident. Il n’y a pas eu d’accident, il a été assassiné. C’est un crime». Il assène : «On ne peut pas être juge et partie. Ce sont les éléments du Commissariat des Parcelles assainies qui étaient sur le terrain. Les échauffourées ont débuté avec eux. Et par conséquent il fallait confier l’enquête à une autre autorité judiciaire. C’est pourquoi nous avions porté plainte au niveau du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Thiès et de la gendarmerie. Laquelle autorité judiciaire nous a saisis plus tard pour nous dire que le procureur lui avait demandé de lui remettre la plainte. Ce dernier a ensuite réuni les deux plaintes plus le rapport d’enquête du poste de police des P.A pour confier le dossier au juge du premier cabinet.» Outre la saisine du juge d’instruction, l’enseignant à la retraite trouve «bizarre» le choix de confier l’enquête sur le «meurtre» de son fils au commandant du poste de police des Parcelles Assainies (P.A). «C’est lui qui a commandité l’autopsie. Il a fait accompagner le corps par un agent du même commissariat. Et lorsque l’autopsie a débuté, un membre de la famille a voulu assister parce qu’ayant payé les droits, mais on nous a refusé cette requête sous prétexte qu’on n’était pas assermenté. Après l’autopsie, on nous a remis une copie des résultats au poste de police des P.A en nous demandant de ne pas révéler le contenu. Mais bizarrement, les résultats étaient déjà dans la presse alors qu’il n’y avait que deux copies», s’offusque-t-il. S’agissant des messages audio, qui circulent sur les réseaux sociaux affirmant que c’est un choc qui a tué Amar Mbaye, Mafatim Mbaye balaie de façon catégorique : «Si ces personnes qui font circuler ces messages sont sûres de ce qu’elles disent, elles n’ont qu’à aller voir le juge d’instruction. C’est parce qu’elles ne sont pas des témoins des faits mais des gens tapis dans l’ombre qui distillent ces messages pour la bataille d’opinion.»
Très démonstratif, il écarte la thèse de l’accident : «Si Amar Mbaye était mort par accident, il aurait eu des égratignures sur son corps. Et la moto également allait subir des dommages. Mais elle est là (Ndlr : Il montre la moto). Elle n’a subi aucun dommage. Nous allons d’ailleurs commettre un huissier pour les constats d’usage.» Aussi, tient-il à dire que «l’autopsie nous persuade que Amar a reçu des coups parce qu’il y a eu au moins trois fractures au niveau du cou et à la mâchoire dans le côté droit de son visage». L’autre bizarrerie dans le dossier, indique Mafatim Mbaye, c’est que «la police des P.A nous avait demandé d’amener nos témoins. Ce que nous avons refusé parce que tout ce qui se tramait était contre nous, il y avait des témoins à décharge qui affirmaient que El Capo n’était pas sur place au moment des faits. Alors que les témoins oculaires des faits, que nous allons conduire devant le juge d’instruction qui nous a donné rendez-vous lundi prochain, disent le contraire. Ils ont fait l’objet de menaces. D’ailleurs ils ont porté plainte». Il estime simplement que «la thèse de l’accident n’est pas corroborée. Parce que si on est exempt de tout reproche et qu’on n’a rien à craindre, on n’a pas besoin de menacer des témoins. Nous faisons confiance à la justice. Et nous attendons ce que l’enquête va déterminer». Mais, le vieil éploré ne compte pas abdiquer. Il prévient : «Quiconque à quelque niveau qu’il se situe passera entre nous et la vérité nous trouvera sur son chemin. Parce que nous n’avons rien à gagner là-dedans mais nous voulons la vérité et la justice.» Il laisse désormais tout entre les mains de ses deux avocats pour solutionner «ce crime abject».
Aujourd’hui, il est écœuré par «la sortie médiatique de ce pauvre Commissaire Keita pour dire qu’un policier ne fait pas cela. C’est parce que ce n’est pas son enfant. Et s’il est persuadé que ce n’est pas un policier qui a fait cela, il doit connaitre l’auteur. Or il n’était même pas sur les lieux au moment des faits. Il n’a qu’à se taire et méditer sur le pourquoi il a quitté la police. Dans chaque sac il y a des pommes de terre pourries. La police c’est un corps que nous respectons mais il y a une gangrène qu’il faut extirper. Et c’est là où nous faisons appel au ministre de l’Intérieur, le premier policier de la Nation, de penser à la formation de ses hommes». Pour l’heure, le père de Amar Mbaye soutient qu’il va internationaliser le combat, en saisissant «tous les organismes des droits de l’Homme et les organisations judiciaires» pour l’appuyer dans son combat pour la vérité.

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