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La terreur des trafiquants de drogue de Thiès, Makha Diop, plus connu sous le nom d’El Capo, a été terrorisée ce week-end dans la Cité du Rail. Il a été poursuivi, jusqu’à ses derniers retranchements, par les conducteurs de moto Jakarta qui voulaient lui faire la peau. Et ceci, malgré la forte mobilisation du Groupement mobile d’intervention (Gmi) pour quadriller, dès les premières heures de la journée, la Cité du Rail.

Makha Diop, alias «El Capo», est le policier le plus recherché de Thiès. Le chef de la brigade de recherches du poste de police des Parcelles Assainies (PA) et agent de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), est accusé d’avoir tué un jeune boulanger conducteur de moto Jakarta, Amar Mbaye, plus connu sur le nom de Mafatim dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 août. C’était au cours d’une course-poursuite entre policiers et conducteurs de moto Jakarta suite à une opération de sécurisation de la ville. Et la goutte de trop a été la circulation du procès-verbal du poste de police des PA, qui disculpe le mis en cause El Capo. Une note qui parle d’accident de la circulation ayant occasionné la mort du jeune Amar au quartier Som devant le collège Cepex. Ce qui a soulevé l’ire des conducteurs de moto Jakarta, qui en mouvement dans toute la ville, ont brûlé des pneus après avoir barricadé les grandes artères de la Cité du Rail. Les manifestants, qui reprochent aux autorités de «vouloir saboter l’enquête», ont extériorisé leur désespoir, réclamant «la justice» sur cette affaire dite El Capo.

El Capo poursuivi par les conducteurs de motos Jakarta
Pendant des heures, les contestataires ont réussi à perturber le trafic urbain sur différents endroits sensibles dans la ville. De violents affrontements, au cours desquels les conducteurs de motos Jakarta ont réussi à déjouer maintes fois les stratégies des Forces de l’ordre qui se sont promptement déployés sur le terrain et n’ont pas hésité un seul instant à user de bombes lacrymogènes pour disperser les rassemblements de protestataires. Aussi devant le poste de police des PA, au quartier Cité lamy, en passant par la Voie de contournement nord (Vcn) à hauteur de la station Edk Oil, les conducteurs de motos Jakarta, scindés en plusieurs groupes, ont eu d’assez violents accrochages avec les policiers qui n’ont pu les empêcher de brûler des pneus. Et plusieurs heures durant l’atmosphère était devenue chaude, étouffante et pesante, empuantie par un cocktail de fumée noirâtre et de gaz lacrymogène. Les conducteurs, qui dénoncent surtout la version de la police affirmant que c’est un choc qui a tué Amar Mbaye, disent le contraire. «Ce n’est pas un choc parce que la moto n’avait aucun dommage. Le jeune boulanger a été blessé au menton.» Et de jurer : «Si El Capo foule un seul pied dehors ici à Thiès, nous allons lui faire la peau parce qu’il a tué un soutien de famille qui est père de 4 bouts de bois de Dieu. Il était juste âgé de 37 ans. Et sa femme est en état de grossesse très avancé. Et elle est là inconsolable.» Aussi les Jakartamen ont fustigé les nombreuses tracasseries dont ils sont toujours victimes de la part des policiers qui, d’après eux, «immobilisent chaque jour nos motos pour nous exiger de payer des amendes. Et la plus petite amende s’élève à 6 mille F Cfa», s’étranglent de rage les conducteurs de deux-roues qui crachent : «Les policiers de Thiès vivent à la sueur de nos fronts. Nous travaillons jusqu’au soir et nous leur versons nos recettes. Cela doit cesser.» Au cours de ces affrontements, une réunion d’urgence s’est tenue entre le préfet du département de Thiès et la Fédération nationale des conducteurs de motos Jakarta pour lever le blocus noté dans la Cité du Rail dans toute la journée du samedi.

Les deux versions de la police
Les autorités policières de la Cité du Rail ont donné deux versions dans l’affaire dite El Capo pour disculper le chef de la Brigade de recherches du poste de police des Parcelles Assainies de Thiès suite au meurtre du jeune boulanger conducteur de moto Jakarta Amar Mbaye. Si pour les unes il s’agit d’un choc mortel qui a coûté la vie au boulanger, les autres ont totalement nié une quelconque implication du mis en cause. Selon elles, le jeune boulanger, habitant au quartier Lazaret, qui convoyait du sel dans son lieu de travail, n’avait rien à voir avec la course poursuite et les heurts entre policiers et conducteurs de motos Jakarta. En effet, expliquent-elles, les hommes d’El Capo, en opération de sécurisation dans la ville de Thiès, ont interpellé un conducteur de moto Jakarta répondant au nom de El Hadji Ibrahima Niass. Il était en possession de 500g de chanvre indien. Une arrestation qui n’a pas plu à ses camarades qui se sont opposés farouchement aux limiers. Lesquels ont tenté de repousser les assauts des conducteurs de motos, très remontés contre les Forces de l’ordre. Téméraires, les conducteurs de motos Jakarta ont poursuivi la voiture de patrouille de la police des PA qui poursuivait son opération de contrôle jusqu’à hauteur de la station Shell sise au quartier Som. Et c’est au moment où El Capo contrôlait un taximan, répondant au nom de Mouhamed Tine, pour surcharge de passagers, que les conducteurs de motos l’ont assiégé en lui jetant des pierres et exigeant toujours la libération du jeune Niass. Il s’en est suivi une course-poursuite entre policiers, qui voulaient coûte que coûte évacuer le jeune trafiquant de drogue au commissariat des PA, et les conducteurs de motos Jakarta. Et selon toujours les autorités policières de la ville de Thiès, c’est dans cette course-poursuite que l’agent de police El Capo a oublié son téléphone dans le taxi qu’il contrôlait. Et c’est le taximan en question qui le lui rendra plus tard dans le poste de Police des PA. Et c’est lui d’ailleurs qui lui a annoncé le décès du jeune boulanger près de la station Shell avec une blessure au menton. Selon elles, l’accident a eu lieu bien après le départ de la police. Seule l’enquête ouverte, à cet effet, pourra édifier sur les circonstances réelles du drame. Parce que plusieurs versions existent au sujet du décès du jeune Amar Mbaye. Car, selon des témoignages, la victime qui transportait à bord d’une moto, du sel destiné à une autre boulangerie, aurait été atteint par un projectile, au quartier Som. D’aucuns parlent d’une pierre, d’autres d’une matraque ou encore d’un objet en fer. Pour l’heure, une autopsie du corps sera effectuée aujourd’hui à l’hôpital Aristide le Dantec à Dakar pour déterminer les causes exactes du décès de Amar Mbaye.

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