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L’Association nationale des albinos du Sénégal (Anas) a porté ce samedi, 13 juin 2020, un fort plaidoyer à l’endroit des autorités étatiques pour une bonne prise en charge des albinos qui sont en train de «mourir en silence». C’était lors de la célébration de la Journée mondiale de l’albinisme à Thiès.

«98% des albinos du Sénégal vivent avec un cancer.» La révélation a été faite ce samedi par Mouhamadou Bamba Diop, président de l’Association nationale des albinos du Sénégal. Il présidait à Thiès la 6e édition de la Journée mondiale de l’albinisme. Selon Mouhamadou Bamba Diop, «les albinos n’ont pas accès à la crème solaire parce qu’un flacon peut coûter jusqu’à 70 mille francs Cfa». Alors que, relève-t-il, «le manque de mélanine fragilise la santé de l’albinos». Lequel manque, affirme-t-il, «fait que l’albinos renferme plusieurs handicaps». Il s’agit du «handicap de la peau, interne et des yeux». Et il regrette «l’inaccessibilité des services d’ophtalmologie pour les albinos». Il s’offusque de «la ruée totale vers le Covid-19» qui a fait 60 décès au Sénégal «alors qu’il y a d’autres personnes qui meurent en silence d’une pandémie beaucoup plus dangereux qui est le cancer de la peau. Et malheureusement il n’y aucune réaction». Le directeur du Centre pour la promotion et la réinsertion nationale des albinos du Sénégal, Mouhamadou Bamba Diop, renseigne que «des albinos sont en train de souffrir de cancers très avancés et ont besoin d’aide. Ils tendent la main pour sortir de ce gouffre dans lequel ils vivent». Il a donc demandé à l’Etat «d’instaurer un programme spécial dédié aux personnes vivant avec l’albinisme. Il n’y a que ça qui pourra régler le problème». Ce d’autant que, estime-t-il, «98% des albinos sont des analphabètes et illettrés. Et malheureusement, la majeure partie n’a pas accès à l’éducation encore moins à la formation. Ce sont des personnes vulnérables qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté». Il estime que «depuis trois mois que la pandémie s’est installée au Sénégal, ils sont cloîtrés chez eux et n’ont reçu aucune aide parce que la majeure partie n’est pas inscrite sur la liste des bénéficiaires de l’aide alimentaire. Ils ne bénéficient pas de la carte d’égalité des chances et des bourses de sécurité familiale». A ce titre, le patron de l’Anas plaide l‘application de la loi d’orientation sociale qui constitue, à ses yeux, «un des maillons essentiels pour apporter les solutions requises aux couches vulnérables, en particulier les albinos». Entres autres doléances, M. Diop a demandé «l’installation d’une fabrique locale de production de crème solaire en parfaite collaboration avec les albinos pour leur permettre de régler le problème de la crème solaire avec bien sûr leur implication, sinon le problème risque de persister». Aussi «un Conseil présidentiel sur le handicap» parce qu’à l’en croire, «les personnes vivant avec l’albinisme ne bénéficient d’aucun programme de l’Etat». Et il s’étrangle de rage : «C‘est difficile d’accepter d’être marginalisé dans votre propre société et dans votre propre pays.»
A l’occasion de la Journée mondiale de l’albinisme, l’Anas a doté 120 familles d’albinos de kits alimentaires avec l’appui de ses partenaires pour atténuer l’impact économique du Covid-19 sur cette couche sociale vulnérable.

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