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A peine installé, le nouveau correspondant du médiateur de la République à Thiès, Gora Diop, a un dossier brûlant sur la table. Et c’est de faire la médiation entre lui et la famille de Sanghoné Mbaye qui considère sa nomination comme «une insulte» à la mémoire du défunt mareyeur.

La déclaration du médiateur de la République, Alioune Badara Cissé, lors de la cérémonie d’installation de son correspondant à Thiès, le 26 août dernier, indiquant que «la décision de nommer Gora Diop comme correspondant du médiateur à Thiès n’a souffert d’aucune contestation en notre sein ainsi qu’au niveau des populations qu’il va assister», n’a pas le même écho chez la famille de feu Sanghoné Mbaye. Cette dernière, qui a vu sa manifestation contre cette nomination être interdite par le sous-préfet de l’arrondissement de Méouane pour motif de troubles à l’ordre public, pense que c’est «une insulte» à la mémoire du défunt mareyeur. En effet, Gora Diop, gendarme à la retraite, est l’auteur du coup de feu qui a été fatal au mareyeur Sanghoné Mbaye, à Joal, dans la nuit du 11 août 2009, lors d’une opération de routine. Un homicide involontaire qui lui a valu un séjour carcéral de 5 ans et une amende de 25 millions de FCfa, après son jugement par la Cour d’assises militaire. «Nous n’acceptons pas sa nomination comme correspondant du médiateur de la République à Thiès, c’est pourquoi nous avions décidé d’organiser une conférence de presse pour attirer l’opinion nationale et internationale. Aussi pour contester la manière dont l’assassin de notre frère a été réintégré dans la société», s’offusque la famille qui dit : «mais à notre grande surprise le sous-préfet de Méouane a interdit la conférence de presse qui devait se tenir, samedi dernier, pour des raisons inavouées en nous menaçant de faire venir la gendarmerie», s’émeut la famille du défunt mareyeur qui s’interroge : «Depuis quand au Sénégal on organise une rencontre médiatique sous l’aval d’une autorité administrative ?» Ce d’autant, poursuit-elle, «la rencontre n’était ni une marche ni un sit-in». Ainsi, la famille condamne avec «la dernière énergie l’attitude inélégante du sous-préfet de Méouane suite à sa prise de position sur l’affaire Sanghoné Mbaye/Gora Diop». Surtout que, fera-t-elle noter, «ce dernier est sous la tutelle de l’Administration territoriale thiessoise, son siège se trouvant à la Gouvernance de Thiès». Ainsi elle appelle l’autorité administrative de Méouane à «revenir à la raison et de respecter la liberté d’expression». Il doit accepter la réalité qui stipule qu’il n’y a aucune loi qui dit que  «pour organiser une conférence de presse ou un point de presse, il est nécessaire d’avoir l’autorisation». Et d’être catégorique : «Nous la jeunesse de Méouane nous disons non à l’intimidation des autorités administratives, c’est pourquoi nous lui donnons un ultimatum de 48h pour qu’il revienne sur sa décision. Parce qu’il pleuve ou qu’il neige nous allons mener cette rencontre de force ou de gré. Nous irons jusqu’au bout de notre logique qui est de dénoncer cette nomination.»

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