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Hier encore, des affrontements entre Forces de l’ordre et lycéens de Thiès ont éclaté dans la Cité du Rail. Furieux de la crise scolaire qui perdure et de la rétention de leurs notes du premier semestre, les élèves des lycées publics de Thiès ont remis ça. Ils ont délogé leurs camarades des établissements privés pour les appeler à se solidariser à leur cause car, disent-ils : «Nous ne pouvons pas comprendre que l’école publique traverse une crise et que les mêmes enseignants du public dispensent des cours dans le privé. C’est inadmissible et inacceptable», dénoncent les élèves qui ont perturbé le déroulement des cours dans Thiès. Excédés, ils ont voulu barrer la Rn2 qui passe par l’avenue Caen devant le lycée El Hadji Malick Sy, mais ils ont été devancés sur les lieux par les Forces de l’ordre lourdement armées. Ils se sont alors heurtés aux éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) qui les ont arrosés de gaz lacrymogènes. Des échauffourées qui ont occasionné plusieurs arrestations.
Une situation tendue qui pousse le Comité du dialogue social de Thiès d’appeler à l’apaisement. Selon son président, Mody Diouf, «la crise scolaire qui a paralysé notre système scolaire devient de plus en plus inquiétante. L’année tire inexorablement à sa fin et le quantum horaire est loin d’être atteint. Les élèves sont désemparés et anxieux face à cette situation qui est en train d’hypothéquer leur avenir». Pis, ajoute-t-il, «à quelques encablures de la fin de l’année, les bulletins du premier trimestre tardent à sortir». Il note que «c’est l’incertitude totale pour les élèves qui souhaiteraient postuler à des préinscriptions dans les universités étrangères». Il lance un appel «vibrant» aux enseignants et à l’Etat «de se soucier de l’avenir de nos enfants». Il invite aussi à l’arrêt de toutes les grèves et à la reprise des cours avant que «la situation ne devienne catastrophique».
Aux enseignants, M. Diouf rappelle : «Nous leur avons confié ce que nous avons de plus cher, c’est-à-dire nos enfants qui sont l’humanité en fleur. Aucune raison, quelle qu’elle soit, ne saurait être acceptée pour sacrifier ces enfants et les empêcher de devenir de vrais citoyens au service de leur pays.» Il regrette que «les élèves se révoltent et envahissent la rue où ils sont exposés à tous les dangers» et dit qu’«il est temps que tous les acteurs s’impliquent avant que nous franchissions la ligne rouge. L’urgence, c’est de suspendre le mot d’ordre de grève et poursuivre le dialogue».
Pour l’heure, les élèves qui ne comptent pas s’arrêter là, puisqu’ils estiment qu’ils vont continuer la lutte jusqu’à avoir gain de cause.
nfniang@lequotidien.sn

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