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Les quelques 2 000 habitants de Khondio ont rappelé hier au ministre de l’Environnement et du développement durable ses promesses du 9 juillet dernier. Abdou Karim Sall avait donné un délai de 45 jours aux Industries chimiques du Sénégal (Ics) pour délocaliser son émissaire, suite aux complaintes des populations sur le déversement de déchets toxiques dans leur village. Un délai qui expire aujourd’hui.

Que va-t-il se passer ? 45 jours après la visite du ministre de l’Environnement et du développement durable au village de Khondio, commune de Darou Khoudoss, pour constater de visu l’ampleur des dégâts des déchets toxiques déversés par les Industries chimiques du Sénégal (Ics) dans ladite localité, les populations ont rappelé hier à Abdou Karim Sall ses promesses. En effet, l’autorité avait sommé les Ics «de faire des prélèvements et de nous donner des indications précises quant au niveau de toxicité des produits qui sont déversés dans cette zone pour savoir s’ils sont neutres et ont un impact sur l’environnement de manière générale». En plus de cette décision, le ministre avait demandé au géant de l’industrie extractive «d’étudier la possibilité de délocaliser au plus tard dans la première quinzaine du mois d’août l’émissaire, dans un endroit moins peuplé et moins fréquenté par les populations, pour déverser ses produits». Aussi, de «garder les produits au sein de l’usine, de les traiter afin de neutraliser totalement les substances que ces produits-là contiennent avant de les déverser dans la mer». Pour cela, un délai de 45 jours avait été donné à l’unité industrielle par le ministre de l’Environnement. Un délai qui expire aujourd’hui, selon les populations qui regrettent que depuis lors «nous n’avons aucune information par rapport au déplacement de l’émissaire depuis qu’une mission l’a visité pour sa délocalisation. On n’a pas eu de retour et les Ics continuent toujours de déverser leurs produits là-bas. Aucune suite n’est constatée sur le problème». Et s’agissant des résultats sur l’étude pour déterminer le niveau de toxicité de ces produits, Gorgui Kâ, membre du collectif «Khondio ma localité», ne cache pas sa surprise : «Les choses n’ont pas toujours bougé. On ne sait pas si l’étude a été réalisée ou pas. On n’a pas été informé ni par les Ics ni par le ministère sur cette étude.» Laquelle étude, fera remarquer M. Kâ, «ne convainc pas les populations parce que confiée aux Ics». Il dit : «Nous sommes pessimistes sur les résultats parce que si l’étude est faite pas les Ics, ces dernières ne vont pas prouver que les produits sont nocifs, elles vont dire le contraire, ce qui les arrange.» Et de rappeler le souhait des habitants de Khondio de confier l’enquête à un cabinet privé. Aussi, Gorgui Kâ regrette que la situation environnementale soit «restée à l’état», même après la visite du ministre qui «avait suscité beaucoup d’espoir» chez les populations. «On a toujours les mêmes problèmes de pollution, rien n’a changé. La situation environnementale est toujours dégradée et catastrophique. La pollution est toujours réelle. La situation sanitaire, n’en parlons pas ! Il y a des maladies qui apparaissent chaque jour. Il est temps que l’Etat prenne en charge cette situation», dit-il.
Dans son speech, ce membre du collectif «Khondio ma localité» salue «le courage» du ministre de l’Environnement et du développement durable, Abdou Karim Sall, «qui est la seule autorité à prendre une décision par rapport à la pollution du village de Khondio qui date de 1983. Beaucoup de ministres, de passage à Khondio, ont été interpellés sur la question, mais aucun n’a pris une décision». Toutefois, demande-t-il, «il faut un suivi, mais aussi une application des décisions prises pour définitivement régler le problème de Khondio».
nfniang@lequotidien.sn

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