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L’Ong Femmes Africa solidarité (Fas),  à travers son Centre panafricain pour le genre, la paix et le développement (Pac), vient de boucler, à Thiès, la deuxième formation de réplication à l’endroit des personnels de l’Armée et de la Gen­dar­merie nationale.

Après la Police nationale, les personnels de l’Armée et de la gendarmerie de la région de Thiès viennent de bénéficier d’une formation sur la prévention et la lutte contre les abus et exploitations sexuels  dans les théâtres d’opération. Une session de formation de trois jours, qui entre dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre du Projet-pilote au Sénégal : «Formation du personnel des missions de maintien de la paix sur la prévention et la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels», elle est financée par l’ambassade de la Grande Bretagne au Sénégal et soutenue par l’Ambassade du Japon au Sénégal, le Bureau de l’Envoyée spéciale sur Femmes, paix et sécurité de la Commission de l’Union africaine, Femmes Africa solidarité (Fas) et son Centre panafricain pour le genre, la paix et le développement (Pac). Ce deuxième atelier de réplication au profit de l’Armée et de la gendarmerie a été notamment axé sur le genre et la vulnérabilité des femmes dans les conflits. Egalement, les instruments juridiques de protection, l’étude des comportements, l’éthique du soldat de la paix, les outils et mécanismes pour prévenir les abus et exploitations sexuels dans les zones de conflit. Selon l’administratrice du centre panafricain pour le genre, la paix et le développement, Femmes Africa Solidarité, Mme Coumba Fall Venn, «la formation s’inscrit dans l’actualité, au vu des récentes déclarations du Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire, le Général Meïssa Niang, lors de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An, qui a annoncé l’envoi plus de 500 gendarmes dans les opérations militaires extérieures dans les différentes unités de police constituées des Nations-Unies en 2017». Ainsi, dira Mme Venn, «cette formation pourra contribuer, grâce aux membres de la gendarmerie et de l’Armée présents dans cette salle, à l’envoi de troupes averties et conscientes des enjeux que renferme la politique de tolérance zéro des Nations-Unies». Egalement, la formation vient-elle «renforcer la volonté de la Communauté internationale et du Sénégal de lutter contre les exploitations sexuelles en zone de conflits». En effet, explique Coumba Fall Venn, «durant des décennies, la question des violences sexuelles a toujours été au centre des discussions des Nations-Unies, dont le Conseil de sécurité a adopté plus de 5 résolutions depuis 2000, traitant de ces violences. Aujourd’hui, cette question se pose avec acuité au regard de l’actualité et de la recrudescence des violences et abus sexuels sur les populations civiles par les forces de maintien de la paix déployées. Ce problème résulte en grande partie de la précarité des conditions de vie des populations dans les zones de conflit et du non-respect des règles par les agents de maintien de la paix chargés de la sécurité de ces mêmes populations». Elle indique, dans la même veine, que «la situation en République centrafricaine, qui a entrainé la démission du chef des Forces onusiennes, est l’illustration de l’ampleur du phénomène mais aussi de la décision d’adopter une politique de tolérance zéro pour des cas de violence basés sur le genre dans les théâtres d’opération».

Attentes
Toutes raisons, selon l’administrateur de Fas, de la mise en place depuis 2015, par les Nations-Unies et les gouvernements, soutenus par les organisations de la Société civile, des stratégies qui tendent à prévenir les cas d’exploitation et d’abus sexuels par son personnel déployé sur le terrain. «Le présent programme de formation s’adresse aux Forces de défense et de sécurité du Sénégal qui sont en instruction, en pré-déploiement», souligne Mme Venn, qui indique que «l’enjeu d’un tel programme et du présent atelier repose sur la sensibilisation des agents de l’Armée et de la gendarmerie sur le concept genre, l’équité genre, la vulnérabilité des femmes dans les zones de conflit et la nature des violences sexuelles, les instruments juridiques de protection des droits des femmes, ainsi que sur les outils de prévention des abus et exploitations sexuels». Il s’agira, selon elle, de «rappeler et de promouvoir l’éthique à travers un code de conduite exemplaire, de tolérance zéro et de combat contre l’impunité dans des cas avérés». Mme Coumba Fall Venn de conclure pour saluer, devant les autorités militaires et administratives, «le rôle exemplaire de notre pays, le Sénégal, dans les opérations de maintien de la paix». Elle estime, en effet, que «notre pays, 7ème contributeur mondial de troupes avec 3 700 agents et 3ème en Afrique, a enregistré très peu de cas de violence sexuelle commis par ses contingents». Elle explique que «grâce à ce projet, le Sénégal renforce son engagement au Conseil de sécurité des Nations-Unies qu’il a présidé récemment en novembre 2016 avec l’adoption de politiques fortes pour lesquelles notre programme est appelé à contribuer». Une formation que la Capitaine Eli­sabeth Gandoul juge bénéfique car, explique la Com­man­dante de la compagnie de gendarmerie de Mbour, «elle nous  a permis d’acquérir des connaissances sur le concept genre et, aussi, de comprendre les violences basées sur le genre dans les théâtres d’opération. C’est très bénéfique pour nous dans la mesure où nous sommes appelés à être déployés dans des théâtres d’opération, et le fait de comprendre les violences basées sur le genre et d’avoir des outils de lutte et de prévention contre ces abus est très bénéfique».

nfniang@lequotidien.sn

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