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Les enfants atteints d’Infirmité motrice cérébrale (Imc), pris en charge dans le Centre Anne Marie Mortier de Thiès, ont reçu ce mercredi la visite de la directrice de l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits. Un moment de partage pour ces mômes. Ils ont reçu des dons en nature, une enveloppe d’un million de francs Cfa et une promesse de Thérèse Faye Diouf de leur allouer une subvention annuelle inscrite dans le budget de l’agence. Cette visite a permis aussi à la délégation de visiter le centre et de constater le travail remarquable des moniteurs, qui travaillent bénévolement pour redonner le sourire et l’espoir aux enfants et aux mères. Les autorités en charge de la petite enfance, se sont rendu compte de la nécessité d’appuyer encore le centre par ce bel élan de solidarité envers cette couche vulnérable.

Des enfants couchés sur le côté, sur des matelas adaptés, en train de dormir. D’autres maintenus en station debout à l’aide d’appareils spécialisés, s’amusent avec leurs jouets, sous le regard des monitrices. Une autre petite fille seule dans son berceau, fuit du regard les membres de la délégation de la directrice de l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits, qui venaient juste de faire leur entrée dans la grande salle du Centre Anne Marie Mortier de Thiès. Le reste des enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale sont installés à l’entrée du centre, sous la bâche où se tient la cérémonie de remise de dons de la Directrice générale de l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits (Anpectp), Thérèse Diouf Faye.
Tous ces petits ont en commun le handicap. Ils sont paraplégiques, diplégiques, atteints de troubles du comportement ou de troubles de la vue et sont pris en charge par le Service d’éducation de rééducation de formation et d’appareillage pour infirmité motrice cérébrale (Serfa /Imc). Mame Maty Diankha est une des mères de ces enfants à besoins éducatifs spéciaux. Tous les matins, elle quitte son quartier Sud Stade à Thiès pour amener Mouhamed Kandji, son fils âgé de 4 ans. Mouhamed ne peut pas marcher. Il est diplégique et ne parle pas non plus. Pour la maman, ce n’est pas facile d’avoir un enfant portant un handicap de ce genre. Mais Mme Kandji fait avec la situation et est déterminée à assister son enfant pour rendre son existence plus autonome. Mame Maty est comme beaucoup d’autres mères, elles comptent toutes sur le soutien du centre. «J’ai noté une petite amélioration depuis qu’il a commencé à fréquenter ce centre il y a un an. Il ne marche pas pour l’instant mais je ne désespère pas», soutient-elle. La présidente de l’Association des mères d’enfants victimes d’infirmité motrice cérébrale a exprimé aussi sa gratitude au centre. Cette mère, qui  a trouvé le salut dans ce centre, a demandé à Thérèse Faye Diouf de leur offrir un terrain car le centre loue pour le moment le siège situé au quartier Escale.
L’engagement des mères pour sauvegarder ce centre est déjà un grand pas franchi pour la prise en charge des enfants victimes d’Imc. Elles acceptent de montrer leurs fils ou filles et ce n’était pas gagné d’avance. «Nous avons mené beaucoup d’activités de sensibilisation pour que les mères acceptent de sortir leurs enfants. Ce handicap est considéré comme une malédiction dans les familles. D’ailleurs, il y a des femmes qui ont été répudiée à cause de l’état de leur enfant. La paraplégie n’est pas une malédiction, c’est juste un handicap», plaide Béatrice Begba.

Thérèse  offre un million au centre
Un handicap qu’il faut surmonter. Les responsables du centre et les mamans l’ont bien compris. Et c’est pour cette raison qu’ils reçoivent ce matin (mercredi), Thérèse Faye Diouf en charge de la petite enfance et de la case des tout-petits. Après avoir envoyé ses services pour s’enquérir de la situation des enfants dans le centre, elle est venue ce mercredi pour, dit-elle, «apporter un don en nature et un appui financier d’un million de francs Cfa». Une enveloppe destinée à régler «quelques urgences pour le moment». Une subvention annuelle sera aussi inscrite désormais dans le budget de l’agence, promet-elle. Une façon pour elle d’aider à une meilleure prise en charge de cette couche vulnérable dont la prise en charge relève de l’Etat. Une bouffée d’oxygène pour ce centre qui, depuis sa création en 2005, n’a jamais bénéficié de subvention ou d’aide de la part de l’Etat. Le centre fonctionne avec «le peu de moyens dont il dispose», déclare une monitrice de la crèche. Le financement est assuré par Planbobath, une Ong belge en partenariat avec le Groupe de recherche et d’appui aux initiatives mutualistes (Graim) basé à Thiès. Les parents participent aussi moyennant 5 mille francs par mois.

Centre-Anne-Marie-MortierUn besoin pressant d’appareils orthopédiques
Avec ces maigres moyens, le centre prend en charge 200 enfants dont 20 dans la crèche. Ils passent la journée (entre 9 heures et 16 heures). En plus de prendre soins d’eux et de les nourrir, les moniteurs satisfont d’autres besoins spéciaux. Elles font la rééducation. Elles proposent aux enfants des exercices en vue de leur rendre autonomes. Les enfants sont également pris en charge médicalement. Des médicaments pour diminuer ou augmenter le tonus leur sont également administrés par les moniteurs, qui travaillent bénévolement. Le centre a également besoin d’appareils. «Pour chaque type de handicap, il y a un appareil adapté. Ils nous permettent d’aider les enfants à être stables, à se tenir debout, à apprendre à marcher ou à tenir la tête car certains enfants ont tendance à pousser leur tête en arrière», explique Béatrice Begba, monitrice à la crèche. La coordonnatrice du centre, Françoise Sène Diédhiou, loue à cet effet, l’expertise locale. «Maintenant ce sont des artisans locaux formés par les orthopédistes belges qui nous fournissent tout l’appareillage. Les appareils sont importants car c’est ce qui permet de faire la rééducation et d’améliorer l’état des enfants», souligne-t-elle. Très dévouée, elle invite l’Etat à soutenir le centre surtout en matériels orthopédiques.
La satisfaction pour les parents et pour les monitrices est qu’il arrive que les enfants marchent grâce à la rééducation. «Surtout les diplégiques», révèle la monitrice. Mais, indique-t-elle, tout dépend de la prise en charge. «Plus elle se fait tôt, mieux ce sera. Car dès que l’enfant atteint les 10 ans, la prise en charge s’avère difficile et les chances de voir son état s’améliorer deviennent minces», souligne Béatrice Begba.
ndieng@lequotidien.sn

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