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La gestion des politiques de réinsertion des migrants sénégalais a été décriée hier par la Coopération au développement italienne au cours de l’atelier sur les possibilités de co-développement à travers l’implication de la diaspora. La rencontre qui a mobilisé à Thiès des associations de migrants de retour, des élus locaux et des responsables de l’Agence de la coopération au développement italienne a été l’occasion pour cette dernière de dénoncer «les nombreux projets investis au Sénégal qui n’ont aucun impact sur la population locale». Selon un membre de la délégation italienne, «il y a des entreprises italiennes qui ont investi 30 milliards de francs Cfa dans le cadre de la Plateforme d’appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora sénégalaise en Italie (Plasepri). Mais l’impact de ce programme n’a pas été senti par les bénéficiaires». Un constat largement partagé par Karounga Camara, coordonnateur général du réseau Gari. Selon lui, «il y a énormément de politiques qui ont été faites dont énormément d’argent ont été investis pour les Sénégalais de l’extérieur, mais les résultats ne sont pas encore là». Pour preuve, dit-il, «il y a toujours ce problème de l’accès aux financements, aux crédits et à l’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur». Selon le coordonnateur du réseau Gari, une association qui regroupe des expatriés sénégalais qui sont de retour et ceux qui ont le projet de retour, «il faut insérer la diaspora aux prises de décisions parce que quand vous voulez aider quelqu’un, il faut l’impliquer à la réflexion». Egalement, ajoute le migrant de retour, «il faut aider et accompagner la diaspora dans le processus de retour». A l’en croire, «l’Europe n’est plus l’eldorado. Il y a plus beaucoup plus de problèmes en Europe qu’en Afrique. Et aujourd’hui, la tendance c’est qu’il y a beaucoup plus d’expatrier européens qui arrivent chez nous. Par exemple, on parle officiellement de 10 mille Italiens au Sénégal, mais il y a beaucoup plus. Et chaque jour, ils arrivent et ce sont des gens qui émigrent de leur pays et qui viennent ici. Cela veut dire que l’avenir se trouve ici chez nous. Mais il faudrait aussi qu’on le comprenne et que l’on s’approprie ce développement parce que nous restons convaincu qu’il est beaucoup plus facile aujourd’hui de construire son avenir en Afrique que partout ailleurs».
Revenant sur l’atelier dont le thème est «Possibilités de co-développement à travers l’implication de la diaspora», la représentante au Sénégal de l’Ong Lvia, Silvia Lamir, signale que c’est «pour créer un cadre de réflexion et de proposition pour améliorer l’impact des investissements de migrants de retour, mais également leur insertion sur le plan économique». Une approche novatrice puisque, selon elle, «la thématique de la réinsertion des migrants de retour et le soutien à l’entreprenariat des migrants de retour et des jeunes sont un programme très important». En effet, le projet porté par la commune de Thiès-Ouest, en partenariat avec des associations de migrants de retour dont Sunugal et le réseau Gari, avec l’appui de l’Ong Lvia, en collaboration avec l’Institut de recherche sociologique et l’Université de Genève, vise à faciliter la réinsertion des migrants de retour. Il s’agit surtout, selon Mme Lamir, d’«ac­com­pagner ces migrants dans le processus de réinsertion et de démarrage d’activités économiques à travers des entreprises locales». Lesquelles activités, insiste la représente au Sénégal de l’Ong Lvia, «de­vraient impliquer les jeunes de leur localité». Elle ajoute : «C’est un projet de coopération décentralisée entre les villes de Cuneo et de Thiès-Ouest.» A l’en croire, «à Thiès-Ouest, il y a un terrain fertile. C’est une commune active où il y a un nombre important de migrants de retour».
Un avis partagé par le premier adjoint au maire de la commune de Thiès-Ouest, Ibrahima Bocoum, qui soutient que c’est toute la pertinence d’ailleurs du projet qui mise sur la coopération décentralisée pour résoudre l’équation des migrants. «Nous accueillons beaucoup de migrants qui sont de retour et qui traversent beaucoup de problèmes. En rapport avec les communes dans lesquelles ils vivaient à l’étranger, nous allons réfléchir sur des possibilités pertinentes pour résoudre leurs problèmes, mais surtout pour leur réinsertion dans des secteurs d’activités dans lesquelles ils voudraient évoluer.»
nfniang@lequotidien.sn

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