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Cheikh Mbow, Coordonnateur national de la Cosydep.

La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), dans le cadre d’une campagne nationale dénommée «Nos vacances pour l’école», a organisé hier à Thiès un panel sur le thème «Système de rémunération de la fonction publique : quelles solutions gagnantes, équitables et durables ?» Une occasion pour les enseignants de demander la mise à plat de tout le système de rémunération de la fonction publique, à l’image des pays comme le Burkina Faso et le Tchad.

«La mise à plat de tout le système de rémunération de la fonction publique» : C’est la nouvelle plateforme revendicative des syndicats d’enseignants du Sénégal. Prenant part hier, à Thiès, à un panel organisé par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (Saems) demande à l’Etat du Sénégal de s’inspirer des modèles burkinabè et tchadien qui ont mis à plat leur système de rémunération pour corriger les iniquités et les injustices dans leur fonction publique. D’emblée, Saourou Sène a rappelé que «lors de la signature du protocole d’accord le 30 avril 2018, ce point-là était fondamental pour nous. Nous avions dit au gouvernement du Sénégal pour que nous puissions ensemble sauver l’année scolaire, mettons juste l’indemnité de logement des enseignants à 100 mille F Cfa, mais surtout promettons-nous de nous retrouver dans les meilleurs délais pour que nous engagions des discussions sérieuses sur le système de rémunération». Il fera remarquer que «les enseignants constituent pas moins de 70% des agents de la fonction publique et sur la masse salariale ils consomment 12%. Cela veut dire que pas de moins de 80% de cette masse salariale sont consommés par moins de 30% des agents de la fonction publique sénégalaise». Le syndicaliste poursuit : «C’est révélateur de l’iniquité et de l’injustice qu’il y a dans ce système de rémunération.» Cela pousse Saourou Sène à considérer que «le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’engager des discussions sérieuses sur ce système de rémunération». Surtout que «le cabinet Mgp Afrique a déjà fait l’étude sur le système ; le rapport a été partagé». Mieux, poursuit le syndicaliste, «le chef de l’Etat nous a indiqué avoir déjà commandité une étude par l’Inspection générale de l’Etat (Ige) sur le même système de rémunération». Ainsi, il espère que sur «la base de ces deux documents issus de ces travaux, des propositions concrètes devront être faites afin que les meilleures dispositions soient prises pour un système de rémunération qui, enfin, récompense le mérite et la compétence. Sans cela, il faut le dire aux Sénégalais, nous ne pouvons pas aller loin, nous ne pouvons pas espérer un pays émergent». Selon le Sg du Saems, «nous demandons la mise à plat de tout le système de rémunération afin qu’on regarde le niveau diplômant de chacun et sur la base de cela les indemnités leur seraient accordées», car «dans cette fonction publique, il y a des agents qui ont un million d’indemnité de logement, certains ont 700 mille F Cfa, d’autres 275 mille F Cfa et ils sont tous de la hiérarchie A». Il poursuit : «Ce qui est valable pour le logement l’est aussi pour l’indemnité d’enseignement, parce que-là il y a une indemnité de judicature de 800 mille F Cfa, l’indemnité d’enseignement des enseignants est à 60 mille F Cfa.» Pour dire que «c’est globalement le système qu’il faut corriger».
Une vision largement partagée par le coordonnateur national de la Cosydep, Cheikh Mbow, qui pense que «les désarticulations et déséquilibres qu’il y a dans le système indemnitaire est une injustice qu’il faut corriger». Et pour ce faire, conseille-t-il, «il faut partir justement de cette étude-là qui avait été commanditée par le gouvernement du Sénégal, sur demande des organisations sociales, pour ensuite de manière responsable et courageuse remettre tout à plat et aller résolument vers la correction de ces iniquités, sans quoi le climat social va continuer à chauffer». Ce, d’autant que «nous sommes à la veille d’élections : la Présidentielle et les Locales». Il constate que «quels que soient les accords qui soient signés entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement, il y a encore des difficultés. Lesquels ont pour fondement le système de rémunération. C’est pourquoi nous avons invité les experts pour mieux nous éclairer et accompagner aussi les syndicats d’enseignants, les partenaires et les organisations de la société civile. C’est cela qui pourra nous permettre d’aller dans le sens de réfléchir sur cette question liée à la rémunération des agents de l’Etat qui est un système déséquilibré, désarticulé et très injuste. Donc il faut, aujourd’hui de manière courageuse, aller dans le sens de corriger les iniquités et les injustices. C’est cela qui a été fortement demandé. Et pour le faire, les experts nous ont évidemment montré la voie». Il s’agit, selon M. Mbow, «d’articuler le système de rémunération au pouvoir local, mais aussi avoir une approche globale et holistique. C’est cela qui pourrait nous permettre d’interroger les différents cadres : réglementaire, législatif et juridique pour que le système de rémunération des agents de l’Etat puisse créer moins de frustrations. Egalement faire en sorte que ledit système soit plus juste et équitable dans le traitement des agents de l’Etat».
nfniang@lequotidien.sn

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