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Au lendemain de la proclamation de l’Etat d’urgence, le Sénégal avait pris, le 24 mars dernier, des mesures drastiques dans le secteur du transport pour limiter la propagation rapide du Covid-19, notamment l’interdiction du transport interurbain. Mais à Thiès, des conducteurs de «Allo Taxi» et autres motos Jakarta continuent de braver l’interdiction pour nourrir leurs familles. Le Quotidien vous plonge dans ces deux types de transport qui tirent profit de la crise sanitaire.

Au moment où des «Modou-modou» sénégalais empruntent la voie terrestre pour rejoindre le pays en catimini, à Thiès d’autres Sénégalais, bloqués par la mesure d’interdiction du transport interurbain dans toutes les circonscriptions, empruntent la voie irrégulière pour rejoindre leurs familles. Une aubaine pour El Hadji Djité, un chauffeur clandestin de taxi «Allô Dakar», officiant en temps normal aux abords du stade Lat-Dior de Thiès. La trentaine révolue, Djité, venu de Dakar, tient à poursuivre et à fructifier son business pendant cette crise sanitaire. «Je n’ai pas le choix, car je dois nourrir ma famille», argue-t-il. A la question de savoir comment il procède, ce chauffeur de Renault «Dacia» réplique : «C’est simple.» Il enchaîne : «Nous sommes à la Patte d’oie. Nous cachons nos véhicules à l’intérieur des rues de ce quartier. Et pour effectuer le trajet Dakar-Thiès, chaque passager doit débourser 10 mille francs Cfa. Nous prenons ensuite le péage jusqu’à Sébikotane avant de dévier pour faire des détours au niveau des quartiers de Sébi jusqu’au croisement 50, parce qu’il y a un poste de contrôle au niveau de Sébikotane. Le reste du trajet ensuite se fera sur la Route nationale.» «Pour l’instant je n’ai pas encore été arrêté. Alkhamdoulilah ! Parce que je prends uniquement deux passagers. D’autres chauffeurs prennent plus», confie-t-il. Le chauffeur qui n’a pris aucune mesure de sécurité durant tout le trajet, notamment le port de masques et de gants indiqué par les autorités, refuse de partager avec nous ses gains quotidiens. «Je ne sens pas la crise dans le secteur du transport. En tout cas, je ne trime pas pour réunir ma dépense quotidienne et honorer certains frais.»
Que dire du secteur du transport à deux roues limité par les autorités à une seule personne pour éviter la propagation du Covid-19 ? Les conducteurs de motos Jakarta, ces engins qui font incontestablement partie du décor à Thiès, continuent également de faire leur business, même s’ils sont obligés de jouer au chat et à la souris avec des Forces de l’ordre qui les traquent. Oumar Diatta est originaire de Mlomp, une commune rurale dans le département de Oussouye. A 500 francs la course, sur une distance d’habitude qui lui revenait à 200 francs Cfa, le conducteur de moto confie avoir jusqu’à 15 mille francs par jour depuis que les mesures dans le secteur du transport ont été prises là où en période normale, les gains journaliers tournent autour de 5 mille francs Cfa. «Je ne me repose guère. Parce que beaucoup de mes camarades ont rangé leurs motos pour éviter de payer l’amende de 6 mille francs si par malchance on tombe sur des policiers.» En pleine action, snobant bien souvent certains usagers, qui attendent parfois une trentaine de minutes pour avoir ce type de transport urbain, Diatta qui ne respecte pas lui aussi les mesures de prévention, relève : «C’est une traite qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. Les courses sont interminables surtout entre 18 et 19h. Les gens veulent rentrer par tous les moyens pour éviter de tomber sur le couvre-feu.»

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