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La région naturelle de la Casamance est riche d’une certaine tradition d’organisation de manifestations culturelles qui ont un impact certain sur les communautés ethnolinguistiques qui sont concernées au premier chef par ces activités. Preuve en a été donnée ce dimanche à Thionck-Essyl, lieu de rendez-vous de plusieurs villages des Kalounayes, du Fogny et du Buluf pour une cérémonie d’initiation du Boukout. Cette cérémonie a été présidée par le ministre Ablaye Badji chef de cabinet du président de la République. Et ce, en prélude aux manifestions initiatiques prévues aux mois d’avril et de mai prochains au niveau de ces contrées du département de Bignona

Dans le contexte casamançais, la culture constitue une dimension essentielle de l’épanouissement des êtres humains, des individus, des sociétés, de leur identité et de leur projet collectif commun. D’aucuns estiment qu’elle prend d’ailleurs pied dans la pratique, le respect, la considération de nos traditions, nos us et coutumes. Et ce week-end à Thionck-Essyl au cœur du Buluf, c’est par le biais de la culture que des populations et communautés des Kalounayes, du Fogny et du Buluf, trois contrées du département de Bignona, qui n’ont jamais conjugué ensemble le verbe unité, ont pu se retrouver pour tisser entre elles un lien multiforme indéfectible. Une rencontre culturelle et cultuelle de 48 heures qui a pris les contours d’une cérémonie d’initiation du Boukout. Parrainée et présidée par le ministre Ablaye Badji chef de cabinet du président de la République et rehaussée par la présence du président du Conseil départemental de Bignona Mamina Kamara, du membre du HCCT Lansana Sané, de plus d’une dizaine de maires et d’élus du département, de notables, d’imams et de chefs de village, cette manifestation fut l’occasion pour ces communautés de vivre la culture dans sa plus haute expression.
«Si ce dimanche est un très grand jour, ce n’est pas parce que le soleil s’est levé à l’ouest ; mais parce que les Kalounayes et le Fogny deux contrées qui ne se sont jamais réunies, n’ont jamais communié ensemble et jamais mené une activité commune, ont bravé plus de 100 km pour venir communier au cœur du Buluf à Thionck-Essyl» a laissé entendre Ablaye Badji le parrain de cette journée. Une construction du lien social rendue possible par la cérémonie du Boukout qui est généralement le passage de l’adolescence à l’âge adulte ; et qui constitue, selon le ministre chef de cabinet du président de la République, l’événement le plus important dans la socioculture diola. Toute chose comprise, selon Ablaye Badji, par le chef de l’Etat qui n’a pas cessé de soutenir et d’accompagner depuis son avènement à la magistrature suprême, dit il, cet événement. «De 1960 à 2012 soit 52 ans, jamais le Boukout n’a bénéficié de la moindre assistance de l’Etat ; et de 2012 en 2017 soit 5 ans seulement, déjà 42 villages de la région ont bénéficié de l’appui direct du président de la République et de l’Etat dans l’organisation du Boukout», a soutenu ce proche collaborateur du chef de l’Etat. Et faire en sorte que l’Etat du Sénégal reconnaisse aujourd’hui cette facette culturelle très importante de la société diola constitue, de l’avis d’Ablaye Badji, une manche de gagnée pour les communautés locales.

L’engagement de l’Etat salué
Ce fut donc l’occasion pour le natif de Thionck-Essyl de magnifier, en outre, cette  nouvelle prise de conscience des élites du département de Bignona, incarnées par les élus présents, qui ont compris l’importance du Boukout et qui entendent, selon lui, emboiter le pas au président de la République par rapport aux organisations de cet événement en y mettant du sien. Car il s’agit, poursuit il, avec cette combinaison parfaite des cultures de reconstruire ensemble le département de Bignona, gage de son  développement. Un développement qui doit passer, espère Ablaye Badji, par le retour d’une bonne pluviométrie et par l’autosuffisance alimentaire, notamment en riz. Pour rappel les villages de Ndiagne, Sindialon et Bouyinor dans les Kalounayes et les localités de Boulo, Ma­ragoune, Kabeum et Ou­lampane dans le Fogny qui se sont retrouvés ce week-end à Thionck-Essyl vont tour à tour organiser leur cérémonie de Boukout dans les mois d’avril et de mai prochains. Des manifestations culturelles fortement soutenues par l’Etat du Sénégal qui entend par cette démarche contribuer à la valorisation de la culture et la consolidation de la paix en Casamance.
Correspondant  

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