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L’auteur-compositeur Thione Seck a été condamné hier à 3 ans dont 8 mois ferme par le juge d’appel. Il a été reconnu coupable des délits «d’association de malfaiteurs et de mise en circulation de faux billets». Sûr de son innocence, le chanteur a décidé de saisir la Cour suprême.

Thione Seck, condamné à 3 ans dont 8 mois ferme par le juge d’appel, a décidé de poursuivre le feuilleton judiciaire qui dure depuis plus de cinq ans. Le juge qui l’a reconnu coupable des délits de «mise en circulation de faux billets, d’association de malfaiteurs» a néanmoins ordonné la restitution de ses 32 millions de F Cfa, qui ont été saisis par les gendarmes de la Section de recherches lors de son arrestation avant qu’ils ne soient
confisqués par la justice

Il est certes reconnu coupable, mais il ne retournera pas pour autant derrière les barreaux, car il a purgé la peine prononcée par le juge d’appel qui l’a aussi interdit d’activités bancaires pendant 1 an. Bien sûr, cette sentence ne satisfait pas ses avocats qui ont décidé de saisir la Cour suprême et la Cour de justice de la Cedeao pour essayer d’infirmer cette décision. «Cet arrêt est une hérésie judiciaire. On ne peut pas l’accepter. On va l’attaquer», prévient passablement agacé Me Ousmane Sèye, interrogé par Emedia.

Arrêté le 27 mai 2015, puis placé sous mandat de dépôt le mardi 2 juin de la même année, le leader du Raam Daan avait bénéficié d’une liberté provisoire le 12 février 2016. L’artiste-musicien était poursuivi au début pour les chefs d’inculpation d’«association de malfaiteurs, tentative d’escroquerie, blanchiment de capitaux, tentative de mise en
circulation, de détention et de réception de signes monétaires falsifiés». Et la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui s’est constituée partie civile avait vu l’annulation de la procédure en première instance.
La fin de la procédure a été appliquée en vertu de l’article 55 du Code de procédure pénale.
«Le Tribunal, statuant en matière correctionnelle et en première ressort, déclare l’exception sur le défaut de base légale, soulevée par la défense, recevable.
L’officier de Police judiciaire informe la personne interpellée de son droit de constituer conseil parmi les avocats inscrits au tableau ou admis en stage.
Mention de cette formalité est faite obligatoirement sur le procès-verbal d’audition, à peine de nullité», avait cité le magistrat Maguette Diop. Autrement dit, le prévenu n’avait pas été avisé de son droit à l’assistance à un conseil dès son interpellation par des éléments de la gendarmerie.

Alors, le Parquet qui était contre cette décision a interjeté appel. Pour leur part, Thione Seck et ses avocats ont toujours rejeté les accusations. Selon la défense, le chanteur serait même victime d’une escroquerie portant sur la somme de 85 millions de francs
Cfa par un certain Joachim Cissé de nationalité gambienne. Ce dernier lui aurait proposé une tournée de plusieurs dates en Afrique. L’homme lui aurait apporté de l’argent en liquide en euros et dollars en guise «d’avance», avant même la signature d’un contrat. Sollicité par le Gambien qui souhaitait régler des dépenses urgentes, Thione Seck lui aurait ensuite remis la somme sus-indiquée. A l’audience, Thione Seck soutient avoir
agi «inconsciemment parce qu’étant victime de maraboutage».
D’après le procès-verbal d’enquête préliminaire de la Section de recherches de la gendarmerie, l’auteur-compositeur avait été pris en flagrant délit dans son domicile avec de fortes sommes d’argent en euros et dollars en faux billets. En premier lieu, après l’annulation de la procédure en première instance, sa condamnation en appel, l’affaire n’est peut-être pas finie avec ce pourvoi en cassation décidé par le chanteur qui est décidé à se blanchir de ces accusations.

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