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La cybersécurité constitue le talon d’Achille de l’économie numérique en plein boom au Sénégal. Ce qui pousse les experts en Tics à préconiser le renforcement de capacité des experts sénégalais pour sensibiliser les populations sur la sécurité de l’internet.

Malgré les réformes juridique et réglementaire entreprises, le Sénégal avance timidement dans la lutte contre la cybercriminalité. Le renforcement de capacité des experts sénégalais sur la cybersécurité est «un besoin réel» pour mener des campagnes de sensibilisation auprès de  la population. C’est du moins l’avis de Ndèye Fatou Coundoul, conseillère technique au ministère des Postes et des télécommunications, qui expliquait hier la situation de référence du Sénégal en matière de cybersécurité, en marge de l’atelier d’échanges et de partage entre les experts sénégalais et ceux de l’Agence sud-coréenne pour la sécurité de l’internet (Kisa), qui s’est  tenu à Dakar. Elle est convaincue que le problème de la cybercriminalité ne peut être réglé que grâce à «la sensibilisation des Sénégalais» sur ce fléau. Par conséquent, «il faut renforcer la capacité des experts en cybersécurité, sensibiliser la population pour combler le déficit des structures de veille et de prévention et le manque de coordination notée entre les différentes institutions mises en place pour veiller à la sécurité au niveau des Tics (Artp, Aide, le ministère et ses commissions)», a-t-elle dit. Aussi, les technologies évoluent plus vite que les lois, donc une mise à jour par rapport au contexte s’impose, selon Mme Coundoul qui ajoute que l’Etat du Sénégal «a actuellement recruté un consultant qui est en train de mettre à jour ces lois avec la participation de tout le monde». En effet, le Sénégal a marqué des points sur la cybersécurité avec l’avènement depuis 2008 des lois sur la cybercriminalité, les transactions électroniques, la protection des données personnelles et la cryptologie. Au-delà de la vétusté des lois, d’autres soucis perturbent la lutte pour la sécurité dans les Tics. Aussi, il y a des problèmes au niveau des réponses aux incidents adressés aux institutions compétentes. Et pour les contrer, le rapport des experts de l’Université d’Oxford, publié en 2015, proposait déjà une stratégie nationale sur la cyber-sécurité pour «définir le rôle des uns et des autres et de créer peut-être une structure nationale de cybersécurité et d’harmoniser les interventions des uns et des autres», a soutenu l’informaticienne.
Cependant, pour gagner cette lutte contre les cyber-attaques et mettre en place une stratégie nationale, les experts sénégalais misent sur l’apport de l’expertise et l’expérience coréennes. «La coopération entre la Corée et le Sénégal peut favoriser la création des structures pour la lutte avec des instruments adéquats», ont-ils soutenu. Pour cela, le ministre des Postes et des télécommunications, Yaya Abdoul Kane, rassure : «Actuellement, le Sénégal est en phase sur cette action et avec les partenaires coréens qui sont venus partager leur expérience et leur expertise, nous allons rapidement mettre en place la Stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité.» Cependant, «une synergie entre les acteurs» est requise sur la question pour favoriser la formation des experts qui vont sensibiliser les Sénégalais sur les cyber-attaques afin de les «responsabiliser sur leurs actes».
msfaye@lequotidien.sn

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